De profitables sociétés canadiennes sont destinées à récolter une somme additionnelle de 2,85 milliards $ en réductions d'impôts, même si le premier ministre Stephen Harper a déjà dénoncé tout cet argent «laissé de côté».

Publié le 1er janv. 2012
Bruce Cheadle LA PRESSE CANADIENNE

La dernière de cinq mesures annuelles de diminutions d'impôts aux entreprises, soit une baisse du taux fédéral d'imposition de 1,5%, à 15% est entrée en vigueur dimanche.

Cette initiative survient au moment où les sociétés canadiennes, qu'il s'agisse de firmes multinationales ou d'entreprises de tailles moyennes, bénéficient de réserves supérieures à 583 milliards $ en devise et dépôts canadiens, et plus de 276 milliards $ en devises étrangères, selon des données de Statistique Canada recensées après le troisième trimestre de 2011.

Ce coussin financier s'est accru de 9% depuis l'an dernier, et de 27,3% depuis 2007, une période durant laquelle l'économie canadienne était en pleine ébullition, et où ont été annoncées de nouvelles baisses d'impôts.

Même si l'on enlève les banques canadiennes de l'équation, les sociétés non financières ont vu leurs actifs issus des devises et des titres de créance à court terme grimper à 33 milliards $ pendant le troisième trimestre de 2011.

Stephen Harper avait fait allusion à tout cet argent «dormant» à l'issue d'un frustrant sommet du G20 en novembre, en France, et où les leaders mondiaux ont eu peine à trouver un consensus.

«Il y a beaucoup d'argent laissé de côté et qui n'attend que d'être exploité», avait alors déclaré le premier ministre canadien. «Et tout me laisse croire que les marchés sont à la recherche de bonnes nouvelles et d'opportunités.»

Dans une tentative de livrer de bonnes nouvelles et des opportunités, les conservateurs ont annoncé diverses initiatives visant à réduire le taux fédéral d'impôt des sociétés canadiennes.

De 22,12% en 2007 à 15% le 1er janvier 2011, ce taux a connu une baisse constante. En fait, il a été presque réduit de moitié depuis 1990, alors qu'il s'élevait à 28%.

Les provinces ont également procédé à des baisses du taux d'impôt des sociétés.

En 2000, le taux d'impôt combiné des sociétés canadiennes s'établissait à 43%, en moyenne, le plus élevé parmi les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Or, selon Jack Mintz, un spécialiste en matière fiscalité à l'Université de Calgary, le taux combiné, en 2012, se rapprochera de la moyenne mondiale, soit 26%.