La soudaine baisse du dollar canadien sous la parité avec la devise américaine se veut une arme à double tranchant pour les Canadiens.

LA PRESSE CANADIENNE

Ce recul fait en sorte que les biens et les travailleurs canadiens semblent moins coûteux, ce qui constitue une bonne chose pour l'économie du pays, mais il met également en lumière les préoccupations croissantes entourant la possibilité d'une nouvelle récession à l'échelle mondiale.

Le huard a clôturé sous le billet vert pour la première fois depuis janvier, mercredi, et il valait 97,33 cents US à la fin de la journée, jeudi, en chute de 2,08 cents. En cours de séance, il a atteint un creux de 96,51 cents US, son plus bas niveau en environ un an.

Pour les constructeurs automobiles et les autres fabricants, les exportations canadiennes vont paraître plus alléchantes si le huard continue d'évoluer à basse altitude.

Toutefois, la perte de confiance dans la devise canadienne démontre également que les opérateurs de marché craignent que l'économie mondiale - et de façon plus importante pour le Canada, celle des États-Unis - est destinée à traverser une nouvelle période de ralentissement, ce qui se traduirait par une diminution de la demande de biens canadiens.

Les fabricants affirment que pour le moment, la baisse n'est pas suffisamment importante et ne dure pas depuis assez longtemps pour qu'elle ait un impact discernable. Néanmoins, l'extrême instabilité observée depuis quelques mois est certainement une mauvaise chose.

Les opérateurs prudents misaient sur les bons du Trésor américains, jeudi, après que la Réserve fédérale des États-Unis eut fait état la veille de menaces significatives pouvant assombrir encore davantage les perspectives économiques.

Les investisseurs ont été ébranlés par la Fed, qui a annoncé un nouveau coup de pouce à l'économie américaine tout en disant s'attendre à un ralentissement majeur.

La glissade de la devise canadienne, jeudi, s'inscrit dans un mouvement de baisse observé un jour plus tôt, alors que le dollar américain s'appréciait par rapport à l'euro.