L'industrie montréalaise des sciences de la vie et des technologies de la santé espère qu'un libre-échange canado-européen lui fasse d'abord gagner des points... au Canada.

Publié le 20 nov. 2010
Hugo Fontaine LA PRESSE

Car, au-delà des marchés européens à conquérir pour les petites sociétés du secteur, il y de grandes réglementations à arrimer en matière de propriété intellectuelle.

 

Dans le domaine biopharmaceutique, les règles de propriété intellectuelle sont moins sévères au Canada qu'en Europe, explique Paul Lévesque, président du conseil de Montréal InVivo, la grappe montréalaise des sciences de la vie et des technologies de la santé.

Selon M. Lévesque, la faiblesse relative des règles canadiennes sur les brevets et la protection des données défavorisent les sociétés qui font de la recherche et développement. Pour les petits acteurs, il est donc plus difficile d'attirer des investissements.

«On l'a dit au gouvernement fédéral plusieurs fois, mais là, il se le fait dire par l'Union européenne», dit Paul Lévesque, par ailleurs président de Pfizer Canada.

Pour l'Union européenne, la propriété intellectuelle est l'un des enjeux clés de la négociation pour le libre-échange. «Les Européens vont vouloir que leurs sociétés soient protégées au même niveau que chez eux, soutient Paul Lévesque. Ç'a été mentionné plusieurs fois par les commissaires européens.»

Ce qu'espère Montréal InVivo, c'est que le gouvernement fédéral réponde aux préoccupations des Européens en resserrant ses règles de propriété intellectuelle ici.

Les petites entreprises innovantes auraient ainsi une protection semblable à ce qu'elles auraient en Europe ou aux États-Unis. Pour M. Lévesque, cela ne pourra que favoriser l'investissement au pays.

«Je pense que c'est déjà dans les dossiers chauds, qu'il y aura des discussions assez serrées qui vont se faire», avance M. Lévesque.