On remet le compteur à zéro. La remontée extraordinaire du S&P/TSX depuis trois semaines permet à l'indice torontois d'effacer toutes ses pertes de 2009. Il reste maintenant 281 jours à votre portefeuille pour enregistrer des gains.

Stéphane Paquet
Stéphane Paquet LA PRESSE

À 8995,50 points, l'indice phare de la Bourse canadienne a conclu la séance d'hier en hausse de 198 points par rapport à la veille... et de 7,8 gros points par rapport à sa fermeture le 31 décembre. Résultat: un gain de 0,09% depuis le début de l'année.

 

Du surplace? Pas vraiment. Depuis son creux du 9 mars - c'était il y a moins de trois semaines - l'indice composite de Toronto a fait un bond de 18,9%.

À New York, le S&P 500 connaît actuellement son meilleur mois depuis 1974, en hausse de 13% en mars. Depuis le premier janvier, son rendement demeure toutefois négatif, à -7,8%.

Eh oui, on parle des mêmes places boursières déprimées, qui ne cessaient de s'enfoncer en février.

Que s'est-il passé? La bougie d'allumage, selon Gabriel Lancry, administrateur associé chez Scotia McLeod, est venue de Citigroup et Bank of America, qui ont toutes deux annoncé dans la semaine du 9 janvier s'attendre à des profits à court terme. «Tout ça a changé le momentum», explique-t-il.

Un analyste cité par Bloomberg, qui aurait l'air d'un illuminé il n'y a pas si longtemps, voit maintenant le S&P 500 gagner 170 autres points. «Je ne serais pas surpris de voir cette poussée porter le S&P 500 à 1000 points», soutient Tom Wirth, investisseur principal à Chemung Canal Trust, à New York. «Les données qui arrivent les unes après les autres sont meilleures qu'attendu.»

Et cela, même après que le département du Commerce eut annoncé que l'économie américaine avait reculé de 6,3% à la fin de 2008, son pire score en un quart de siècle. Comme le marché s'attendait à pire, les indices boursiers ont poursuivi leur remontée. Encore une fois, une question de momentum...

À Toronto hier, ce qui a porté le marché, ce sont les titres du secteur des technologies ("5,3%), les industrielles ("4,5%) et de l'énergie ("2,9%). Depuis le début de l'année, ce sont encore les technos qui arrivent premières ("10,8%), suivies du secteur des matériaux ("10,1%) et de l'énergie ("4,2%).

Où investir?

En plus des deux banques américaines en difficulté qui ont commencé à voir des éclaircies dans le ciel au-dessus de Wall Street, la nouvelle mouture du plan Geithner, beaucoup plus précise que la première, a permis aux marchés de souffler un peu, estime encore M. Lancry. Ajoutez à cela une pluie de milliards dans l'économie en provenance de Washington, et la situation s'améliore. «On sait tous que le crédit, c'est l'oxygène de l'économie.»

Puis, il y a l'inflation. En début d'année, les craintes de déflation étaient encore présentes. Plusieurs craignaient une baisse des prix. Ces craintes semblent aujourd'hui évaporées.

La question, c'est maintenant de savoir dans quoi investir si on croit que cette poussée va se poursuivre. Gabriel Lancry parle des secteurs cycliques, comme les pétrolières. «Toutes nos sociétés pétrolières ont réduit leurs dépenses en capital de 50%. Donc, s'il y a reprise, on se retrouvera short sur l'offre.»

Hier, le pétrole a gagné 1,57$US à New York, pour finir la journée à 54,34$US. Là aussi, le momentum table sur une reprise de l'économie dans les mois à venir.

Malgré cela, des investisseurs vont opter pour une rentrée au vestiaire. «Plusieurs de nos gestionnaires de portefeuilles profitent de la force actuelle du marché pour vendre et attendre une légère correction et, ensuite, réinvestir dans le marché», explique Jennifer Radman, Caldwell Securities.

Chose certaine, les relevés boursiers du mois de mars s'annoncent déjà moins pénibles à décacheter que ceux des mois précédents.