Si l'année 2008 a été pénible pour quiconque avait des placements en Bourse, les dirigeants du régime de retraite des employés municipaux ontariens OMERS peuvent se bomber le torse.

Mis à jour le 23 févr. 2009
Michel Munger
Michel Munger LA PRESSE

Ce n'est pas pour rien: OMERS a limité son rendement négatif à 15,3% et déclaré des pertes d'investissement de 8 milliards de dollars pour l'année 2008. Comparativement, le rendement moyen des caisses de retraite a été de -15,9% selon l'indice RBC Dexia. En 2007, le rendement du régime était positif de 8,7% avec un gain de placement de 3,94 milliards.

OMERS, qui dit gérer 52 milliards d'actifs pour 390 000 membres, se situe quand même au sein du premier quartile avec son rendement de 2008. Cet indicateur de la firme RBC Dexia Investor Services permet de comparer les caisses de retraite gérant au moins un milliard.

Précisément, les marchés financiers ont engendré un rendement négatif de 19,5% chez OMERS alors que le placement privé a reculé de 13,7%. Par contre, les infrastructures ont rapporté une hausse de 11,5% et l'immobilier a connu une progression de 6%.

«La crise financière qui a dévasté les marchés mondiaux en 2008 est une chose qui arrive une fois dans une vie, dit Michael Nobrega, PDG d'OMERS. Elle a mené les Bourses vers des niveaux qui n'ont pas été vus depuis des années. Les marchés ont tombé de 30 à 40%.»

M. Nobrega ajoute que «OMERS n'a pas échappé au ralentissement même si nous croyons avoir fait relativement bien grâce aux résultats de nos placements à revenu fixe, immobiliers et d'infrastructures et à notre décision de ne pas investir dans certains produits financiers à risque.»

Sur cinq ans, la caisse de retraite dit enregistrer un rendement moyen de 6,9% et demeurer au sein du premier quartile de son secteur.

Selon Patrick Crowley, chef des finances chez OMERS, les pertes limitées en 2008 et le rendement sur cinq ans découlent d'une vision à long terme.

«Depuis l'adoption de notre politique de mélange d'actifs en 2003, dit-il, nous avons réduit notre exposition aux marchés publics d'une proportion de 82,2% à 60,2%. Nous améliorons l'équilibre entre les investissements publics et privés, et même si nous avons essuyé des pertes en 2008, elles ont été circonscrites par le virage vers les actifs privés.»

De plus, le régime indique avoir adopté un plan de cinq ans en 2008 afin de diversifier ses actifs sur la scène internationale.

Les résultats d'OMERS sont souvent comparés avec ceux de la Caisse de dépôt et placement du Québec et ceux du régime des enseignants ontariens Teachers' afin de savoir qui a connu une bonne année... et qui en a connu une moins bonne.

Si les informations révélées par La Presse il y a trois semaines tiennent la route, OMERS aura battu la Caisse, qui risque d'entregistrer un rendement négatif de 26% et des pertes de 38 milliards en 2008.

D'ailleurs, la Caisse va déposer son bilan annuel mercredi à 10h30.