General Motors et Chrysler ont remis mardi au gouvernement américain des plans de restructuration prévoyant 50 000 mises à pied au total, mais un spécialiste de l'industrie de l'automobile et le chef d'un syndicat estiment que les divisions canadiennes des deux géants de l'automobile pourraient bien s'en tirer relativement indemnes.

Mis à jour le 18 févr. 2009
LA PRESSE CANADIENNE

GM (NYSE:GM) a indiqué son intention de réduire sa main-d'oeuvre totale de 47 000 personnes en 2009, dont 26 000 seront des employés de l'extérieur des États-Unis.

Mais selon la porte-parole de GM, Patty Faith, ces chiffres comprennent les mises à pied annoncées à l'usine de camionnettes à Oshawa, en Ontario, ce printemps, et à l'usine de transmissions à Windsor, en Ontario, l'année prochaine, des licenciements qui toucheront environ 4000 Canadiens.

Selon Tony Faria, un spécialiste de l'industrie de l'automobile à l'université de Windsor, il est probable que GM ait déjà supprimé tous les emplois qu'elle peut éliminer au Canada.

GM compte quelque 5000 employés dans son usine à Oshawa et a toujours l'intention d'y faire construire la nouvelle Chevrolet Camaro dès cette année.

M. Faria estime que cette usine est très productive, qu'elle construit de bons véhicules et que des emplois pourraient y être perdus temporairement, pour des raisons d'ajustement des stocks. Selon lui, il ne devrait pas y avoir de pertes permanentes d'emploi, à moins que le constructeur automobile ait des difficultés à obtenir des concessions de la part du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA).

Le président des TCA, Ken Lewenza, croit, lui aussi, que GM a licencié autant qu'elle pouvait le faire au Canada.

«L'industrie de l'automobile ne connaîtra pas une croissance (...), mais je serais étonné si GM annonçait des mises à pied en quantité considérable, a affirmé M. Lewenza, mercredi, lors d'un interview. La restructuration a déjà été faite au Canada, et je ne vois pas comment, en toute franchise, on pourrait perdre d'autres emplois.»

Du côté de Chrysler, 3000 emplois devraient être supprimés aux États-Unis. Le président et chef de la direction, Bob Nardelli, a indiqué que ces mises à pied n'affecteront pas directement les opérations au Canada, mais a laissé entendre qu'il s'attendait à ce que des compressions proportionnelles soient effectuées au Canada.