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L'élimination des pesticides de type «néonic» inquiète l'UPA

Ottawa accorde trois ans aux agriculteurs pour déterminer... (PHOTO BERNARD BRAULT, archives LA PRESSE)

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Ottawa accorde trois ans aux agriculteurs pour déterminer les pesticides qu'ils peuvent utiliser pour protéger leurs cultures contre les pucerons et les mites. Plusieurs ne sont toutefois pas convaincus par les solutions de rechange se trouvent sur le marché.

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La Presse Canadienne

L'Union des producteurs agricoles (UPA) s'inquiète de la décision du gouvernement fédéral d'éliminer progressivement l'utilisation des pesticides à base de néonicotinoïdes alors qu'il n'existe toujours pas de solution de rechange efficace, soutient-elle.

Santé Canada a confirmé, mercredi, son intention de commencer à éliminer dès 2021 deux des trois pesticides à base de néonicotinoïdes dont l'utilisation est actuellement autorisée au pays. L'élimination progressive du troisième produit de type « néonic » a déjà été annoncée et doit commencer l'an prochain.

Le gouvernement fédéral accorde donc trois ans aux agriculteurs pour déterminer les pesticides qu'ils peuvent utiliser pour protéger leurs cultures contre les pucerons et les mites. Plusieurs ne sont toutefois pas convaincus par les solutions de rechange se trouvent sur le marché, dont l'UPA.

Le président général de l'UPA, Marcel Groleau, soutient que les produits de remplacement actuellement accessibles ne sont pas nécessairement moins toxiques que les néonicotinoïdes.

« Les insectes sont là, les ravageurs existent, et les solutions biologiques ne sont pas efficaces ou n'existent pas. Pour les producteurs, c'est inquiétant », affirme M. Groleau en entrevue.

Celui-ci souhaite que la période de consultation de 90 jours permette de mener une réflexion sur des moyens différents, moins nocifs, d'utiliser les néonics.

Le représentant des agriculteurs prévient du même coup que les producteurs agricoles se tourneront vers les solutions qu'ils connaissent et que celles-ci pourraient être pires que les néonics.

« Les néonicotinoïdes ont remplacé d'autres produits. Les producteurs retourneront vers ces produits-là, qui sont parfois plus toxiques. Tout ça doit être évalué », insiste-t-il.

D'après les tests effectués par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, l'accumulation de produits chimiques liés aux néonics dans les eaux souterraines s'approchait des taux jugés dangereux pour les invertébrés aquatiques. Ces insectes représentent à leur tour d'importantes sources alimentaires pour les poissons et les oiseaux.

Compétitivité et importations

En plus des risques pour les récoltes, Marcel Groleau met en garde contre la perte de compétitivité des agriculteurs québécois et canadiens.

« On se donne des règles chez nous, c'est bien, mais ces règles-là ne s'appliquent pas nécessairement aux produits agricoles importés qui viennent remplacer nos produits alimentaires sur nos tablettes », explique-t-il.

Selon lui, le Canada n'a pas la capacité d'imposer ses propres règles aux produits importés comme le fait l'Union européenne, qui représente une économie beaucoup plus puissante.

Il craint que des produits moins efficaces pour combattre les ravageurs, ou encore trop coûteux, nuisent à la compétitivité des produits d'ici.

« Éventuellement, si les produits sont moins compétitifs, ils seront naturellement déclassés dans le marché, et on continuera d'importer les récoltes de producteurs qui utilisent des néonicotinoïdes », anticipe le président de l'UPA.




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