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Les acériculteurs québécois perdent des parts de marché

Après avoir atteint un sommet de 82% en... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Après avoir atteint un sommet de 82% en 2003, la part du marché mondial des acériculteurs québécois s'est effritée au fil du temps, s'établissant à 72% en 2017, selon l'Institut économique de Montréal (IEDM).

Photo Robert Skinner, archives La Presse

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

À l'approche de la saison des sucres, l'Institut économique de Montréal (IEDM) revient à la charge en réclamant des assouplissements des règles en vigueur pour les acériculteurs québécois alors que la production américaine augmente.

Dans une note publiée jeudi, le groupe de réflexion dit avoir constaté une hausse des importations, dont la quasi-totalité provient des États-Unis, alors que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) est aux prises avec des surplus.

Sans prôner un démantèlement du système en place, l'IEDM estime néanmoins que ce modèle est «extrêmement contraignant» pour les quelque 7300 entreprises acéricoles québécoises obligées de transiger avec la Fédération. Celle-ci remet toutefois en question cette analyse.

Reconnaissant qu'on ne peut pas seulement blâmer la FPAQ pour la croissance de la concurrence étrangère, l'IEDM plaide pour une réforme des règles en vigueur en brossant une série de constats jugés inquiétants.

Une emprise en baisse

Après avoir atteint un sommet de 82 % en 2003, la part du marché mondial des acériculteurs québécois s'est effritée au fil du temps, s'établissant à 72 % en 2017, selon l'Institut.

De plus, depuis le début des années 2000, la production du Québec n'a progressé que de 60 pour cent, ce qui représente la pire performance à l'échelle nord-américaine. À l'inverse, le Vermont a affiché une hausse fulgurante de 254 %, suivi du Nouveau-Brunswick, à 179 %, ainsi que du Maine, à 131 %.

Au cours de cette période, le nombre d'entailles exploitées dans la province n'a grimpé que de 17 % alors qu'au sud de la frontière, la hausse était de 89 %.

Le directeur général de la FPAQ, Simon Trépanier, a toutefois voulu remettre ces données en perspective.

«À seulement deux reprises, le Québec a vu sa part de marché franchir la barre des 80 %, soit en 2000 et 2003, a-t-il expliqué. Il s'agit de deux bonnes années de production au Québec alors que la récolte était moins fructueuse chez nos voisins.»

Selon M. Trépanier, sur un horizon de 15 à 20 ans, la part de marché des producteurs québécois oscille aux alentours de 72 %.

Une réforme, pas un démantèlement

Selon l'analyste en politiques publiques de l'IEDM et auteur de la note, Alexandre Moreau, le «point tournant» est survenu au début des années 2000, quand la Fédération est devenue l'agent exclusif pour la vente en vrac.

De plus, le système de contingents attribuant des quotas de production en 2004 n'a rien fait pour aider, estime-t-il.

«Il y a des frais de mise en marché et énormément de contraintes, affirme M. Moreau. Sans abolir la Fédération, qui offre certains services qui plaisent aux acériculteurs, il faut penser à des réformes et leur retirer leur monopole.»

À son avis, une telle décision permettrait à des producteurs québécois de développer eux-mêmes des marchés.

Selon M. Moreau, les producteurs américains ont profité du système québécois de contingents pour exporter leur sirop d'érable au Québec. En 2016, la province a importé pour 20 millions de sirop d'érable, estime l'IEDM.

Comment la vente fonctionne-t-elle ?

Au Québec, la vente en vrac - pour les contenants de cinq litres et plus - est le principal canal. Les acériculteurs peuvent livrer leur sirop d'érable à des acheteurs autorisés ou à la Fédération, qui négocie les prix avant la récolte.

On peut également vendre à des intermédiaires, comme des épiceries, pour des contenants de moins de cinq litres, sans intervention de la FPAQ. Finalement, les acériculteurs peuvent vendre directement aux consommateurs par l'entremise de contenants de moins de cinq litres.

L'IEDM estime que la vente en vrac représente environ 85 % de la production annuelle de sirop d'érable et que les acériculteurs sont payés au prorata de la production annuelle vendue.

Or, souligne la note, «la dernière récolte complètement vendue remonte à 2009, de sorte que les livraisons subséquentes n'ont toujours pas été payées en entier».

Disputes médiatisées

Certaines disputes médiatisées ont mis en relief la discorde qui existe entre certains acériculteurs qui désirent vendre leur sirop d'érable comme ils l'entendent et la FPAQ.

Après une série de revers auprès des tribunaux québécois, Angèle Grenier, qui exploite une érablière à Sainte-Clotilde-de-Beauce, avait tenté de se faire entendre en Cour suprême, qui a toutefois refusé l'an dernier de se pencher sur le dossier.

Néanmoins, d'après le directeur général de la FPAQ, la grande majorité des acériculteurs se disent satisfaits de leur fédération.

«Depuis cinq ans, nous commandons un sondage à la firme Agéco réalisé auprès d'un échantillon de 1400 producteurs, a dit M. Trépanier. L'an dernier, 82 % se sont montrés satisfaits ou très satisfaits.»

À son avis, les producteurs qui s'opposent aux règles en vigueur préfèrent manifester leur mécontentement à travers différentes plateformes, dont les médias, plutôt qu'auprès de la Fédération.

L'industrie acéricole en quelques chiffres:

- Près de 7300 entreprises.

- Production de 152,2 millions de livres en 2017.

- Le Québec représentait 72 % de la production mondiale.

- L'industrie acéricole québécoise contribue à hauteur de 800 millions au produit intérieur brut canadien.

(Source: FPAQ)




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