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Productions Horticoles Demers lorgne les actifs de Savoura

Le plus grand producteur de tomates de serre... (Photo Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le plus grand producteur de tomates de serre au Québec,  Savoura, frappé par la concurrence du Mexique et de l'Ontario, se voit forcé de vendre ses installations et sa marque de commerce.

Photo Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le deuxième plus important producteur serricole du Québec, Productions Horticoles Demers, de Lévis, se montre très intéressé à se porter acquéreur des Serres Saint-Laurent et de sa marque Savoura, l'entreprise de la région de Portneuf qui a dû déclarer faillite et qui est sous séquestre.

Le PDG de l'entreprise de Lévis, Jacques Demers, dit s'attendre à être fixé d'ici la fin du mois de mars sur la possibilité d'acheter les actifs du premier serriculteur québécois, dont la superficie de production est environ le double de la sienne.

«Nous sommes à l'étude des données techniques et financières pour comprendre ce qui s'est passé avant de faire un geste et une offre adéquate», indique M. Demers lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

Même si les difficultés de la famille Gosselin, propriétaire de Serres Saint-Laurent, étaient connues dans le milieu, Jacques Demers dit avoir eu un pincement au coeur en voyant débouler son compétiteur qui, souligne-t-il, est une entreprise familiale comme la sienne.

«La famille Gosselin, on les connaît, on les a vus évoluer. C'est triste quand même de voir un événement arriver comme ça, une fin semblable», dit-il.

Jacques Demers ne cache d'ailleurs pas son respect envers les réalisations de l'entreprise, particulièrement la renommée de sa marque Savoura, un gage de qualité qui ne peut être préservé, selon lui, que par la propriété québécoise.

«On ne veut pas que cette marque-là devienne, par exemple, la propriété de quelqu'un d'externe au Québec et qui ne ferait que mettre des étiquettes sur des fruits qui viennent du Mexique ou de l'Ontario. Ce serait vraiment une catastrophe et on ne voudrait pas en arriver là», dit-il.

Il précise toutefois qu'il n'est pas intéressé par la seule marque, mais bien par l'ensemble des actifs, qui s'inscrivent dans une volonté d'expansion qui vient, tout à coup, de prendre une ampleur imprévue.

«Évidemment, c'est sûr que les choses se précipitent et c'est clairement une belle occasion pour nous», reconnaît-il.

Lundi, le Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ) avait fait une sortie à la suite de l'annonce de la faillite de Serres Saint-Laurent pour réclamer du gouvernement du Québec un meilleur soutien à l'industrie, particulièrement en matière d'énergie, puisqu'il s'agit d'un secteur fort gourmand en énergie pour le chauffage et l'éclairage.

Plus précisément, le SPSQ a demandé à Québec d'une part d'imiter le gouvernement de l'Ontario en élargissant l'accès au gaz naturel sur le territoire et, d'autre part, d'offrir aux producteurs des tarifs d'électricité préférentiels.

«Il est temps que le gouvernement appuie clairement le secteur serricole maraîcher, comme le fait le gouvernement ontarien depuis plusieurs années», indiquait dans un communiqué le président du SPSQ, André Mousseau.

Jacques Demers rappelle que le gouvernement Marois avait tout de même fait un premier pas en novembre 2013, en offrant un tarif réduit de 0,055 $ du kilowatt/heure, mais seulement pour l'éclairage des serres, qui doivent compenser le manque de luminosité entre les mois d'octobre et mars.

Il estime que Québec pourrait faire beaucoup plus en offrant aux producteurs les mêmes tarifs qu'aux alumineries ou, mieux encore, les surplus qu'Hydro Québec vend aux États-Unis à rabais.

«Quand on envoie nos surplus à 0,04 $ ou 0,045 $ du côté américain, on a un beau paiement, du bel argent pour Hydro Québec, mais c'est tout ce qui arrive avec ce kilowatt/heure», dit-il.

«S'il nous était offert et qu'en plus, avec ce même kilowatt, je fais des tomates, je crée des emplois, j'ai des revenus pour l'État, on fait beaucoup plus de chemin avec ce même kilowatt/heure-là d'un point de vue économique», fait-il valoir, d'autant plus que l'industrie serricole du Québec a un sérieux rattrapage à faire de ce côté.

«Le Québec traîne la patte depuis les 20 dernières années. Nous avons beaucoup de misère à suivre la croissance du marché, la demande de nos produits. On n'y arrive pas et on donne des parts de marché à nos compétiteurs, le Mexique et l'Ontario», dit M. Demers.

Productions Horticoles Demers produit, outre des tomates, des fraises, des framboises, des poivrons et des aubergines.

Serres Saint-Laurent possède des installations à Portneuf, Danville et Saint-Étienne-des-Grès et emploie 200 personnes. Pour l'instant, les serres continuent leurs activités et les livraisons de tomates se poursuivront jusqu'au moment de la vente.




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