Le Salon international de l’auto de Montréal (SIAM) voulait être « derrière le volant » pour tout ce qui touche l’industrie automobile, de l’aveu de son vice-président Denis Dessureault. Le Salon du véhicule électrique de Montréal (SVEM), inauguré en 2017, avait à sa tête un cofondateur, Louis Bernard, désireux de prendre sa retraite.

L’issue logique sera annoncée ce jeudi : le Salon de l’auto acquiert le Salon du véhicule électrique, pour un montant qui n’a pas été dévoilé. Les deux évènements continueront de se tenir de façon distincte « à court et à moyen terme », explique en entrevue M. Dessureault.

« On a vraiment deux évènements avec deux clientèles assez différentes, tant sur le plan des visiteurs que des exposants, explique le vice-président du SIAM. Éventuellement, c’est sûr que les deux vont fusionner, c’est dans nos plans. On ne gardera pas ces deux évènements en parallèle quand, comme on l’annonce, toutes les voitures seront électriques en 2030. »

Compétition électrique

Le Salon de l’auto, qui tiendra l’an prochain sa 80e édition, a attiré quelque 170 000 visiteurs en février dernier au Palais des congrès. Il s’agissait d’une hausse de 14 % par rapport à 2023, édition organisée après trois ans d’absence en raison de la pandémie. Sous la houlette de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM), le Salon de l’auto avait alors proposé un important volet électrique, avec 101 véhicules électriques et hybrides.

C’était plus que les 80 voitures utilisant ces modes de propulsion présentées par le Salon du véhicule électrique de Montréal en avril dernier au Stade olympique. Pour sa septième édition, le SVEM avait attiré 31 000 visiteurs, sensiblement le même nombre que l’année précédente.

« Le Salon du véhicule électrique n’est pas un salon de l’automobile, précise son cofondateur Luc Saumure. C’est un salon où on retrouve tous les véhicules électriques, on n’est pas en compétition directement avec le Salon de l’auto de Montréal dans le sens qu’on n’offre pas que de l’automobile. On offre tout ce qui est à mobilité électrique, motos, scooters, vélos, triporteurs, et tous les services autour comme les bornes. »

Les deux cofondateurs se disent particulièrement fiers de l’impact du SVEM depuis 2017, qui a permis à des dizaines de milliers de Québécois d’essayer, souvent pour la première fois, un véhicule électrique. De 60 000 pieds carrés à la Place Bonaventure il y a sept ans, on a présenté des exposants sur 204 000 pieds carrés le printemps dernier.

« C’est un évènement qui donnait de l’information aux gens qui ne connaissaient à peu près rien au domaine du véhicule électrique, explique Luc Saumure. En fait, c’est nous autres qui avons mis probablement le plus de véhicules électriques sur la route au Québec. Les gens venaient, ils pouvaient les essayer, et l’essayer, c’est l’adopter. »

« Dures sur le body »

Les dernières années ont été particulièrement turbulentes pour les salons automobiles à travers la planète, avec la désaffection de certains manufacturiers et des affluences qui stagnaient. C’est le SIAM qui a fait les premiers pas pour cette acquisition. Le SVEM, insistent cependant ses dirigeants, n’avait pas de problèmes financiers. Pourquoi l’avoir acceptée ?

« Le vieux promoteur que je suis depuis 38 ans commençait à penser à profiter un petit peu de la vie, avec sa conjointe qui est à la retraite depuis déjà cinq ans, répond d’une traite Louis Bernard, cofondateur. Les dernières années ont été dures sur le body du bonhomme. »

Pas question pour Luc Saumure de continuer l’aventure sans son partenaire. « Le Salon du véhicule électrique de Montréal, c’est Luc et Louis, et un ne va pas sans l’autre, renchérit M. Saumure. Moi, de mon côté, j’ai lancé d’autres entreprises, alors je m’en vais dans d’autres choses, mais ça reste quand même dans le domaine de l’électrification. »

Denis Dessureault espère maintenant que le regroupement des deux organisations offrira une meilleure synergie qui attirera des manufacturiers automobiles. Les principaux constructeurs allemands et Honda, notamment, boudent les salons automobiles depuis quelques années.

« Il n’y a pas un salon dans le monde qui a réussi à avoir la même participation des manufacturiers, note le vice-président du SIAM. Il va falloir que les gens s’habituent à ça quand il va y avoir un salon, il va tout le temps manquer des joueurs. »