(Washington) L’inflation a ralenti plus qu’attendu en mai aux États-Unis après le rebond du début de l’année, ce qui devrait redonner un peu d’optimisme à la Fed qui se réunit mercredi, et alors que le sujet est clé, à moins de cinq mois de l’élection présidentielle.

L’indice CPI de l’inflation, sur lequel sont indexées les retraites, s’est établi en mai à 3,3 % sur un an contre 3,4 % en avril, a annoncé mercredi le département du Travail.

Et sur un mois, les prix sont même, en moyenne, restés identiques à ceux d’avril : l’évolution de l’indice est de 0 %, contre 0,3 % le mois précédent.

C’est mieux qu’attendu par les analystes, qui tablaient sur 0,1 % sur un mois et 3,4 % sur un an, selon le consensus de Market Watch.

«  Les prix sont encore trop élevés, mais le rapport publié aujourd’hui fait état de progrès encourageants en matière de réduction de l’inflation », a commenté dans un communiqué le président Joe Biden, candidat à sa réélection.

« Je sais que de nombreuses familles se sentent écrasées par le coût de la vie, qui reste trop élevé. C’est pourquoi je me bats pour faire baisser les coûts pour les Américains qui travaillent dur », a assuré le démocrate.

Il a pointé du doigt les républicains, leur reprochant d’avoir « une approche différente, qui consiste à réduire les impôts des riches et des grandes entreprises ».

Les prix de l’énergie ont chuté, notamment ceux de l’essence à la pompe. Mais ceux du logement, ainsi que des restaurants, ont continué à grimper.

« Décélération bienvenue »

En excluant les données volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation dite sous-jacente évolue elle aussi plus favorablement que prévu, à 0,2 % sur un mois contre 0,3 % en avril, et 3,4 % contre 3,7 % sur un an.

Les analystes attendaient 0,3 % et 3,5 %.

L’inflation était repartie à la baisse en avril, pour la première fois depuis janvier.

« Les pressions sur les prix restent élevées, mais ont montré une décélération bienvenue le mois dernier », a commenté Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour High Frequency Economics.

Ces chiffres devraient être salués par la banque centrale américaine (Fed) qui achèvera mercredi à la mi-journée une réunion. Ils restent néanmoins bien supérieurs à son objectif de 2 % sur un an.

Aucune évolution des taux n’est attendue à ce stade, ceux-ci devraient être maintenus dans la fourchette de 5,25 à 5,50 % dans laquelle ils se trouvent depuis juillet dernier, leur plus haut niveau depuis plus de 20 ans.

Les responsables de la Réserve fédérale diront en revanche combien de baisses des taux chacun d’entre eux envisage pour 2024.

L’indice PCE de l’inflation, celui que privilégie la banque centrale américaine (Fed), est lui resté stable en avril à 2,7 % sur un an. Les chiffres de mai seront publiés fin juin.