(Washington) Le président américain Joe Biden a assuré mardi que l’inflation était sa « plus grande priorité nationale », au moment où la hausse des prix pèse sur les ménages américains et sur sa popularité.

Mis à jour le 10 mai
Agence France-Presse

Il a toutefois estimé que certaines des « racines de l’inflation » étaient « hors de (son) contrôle », citant la pandémie de COVID-19 et les effets de la guerre de la Russie contre l’Ukraine.

« Ces deux principaux contributeurs […] sont de nature mondiale. C’est pourquoi nous assistons à une inflation historique dans les pays du monde entier », a-t-il également dit.

Les chiffres de l’inflation du mois d’avril seront publiés mercredi. Les économistes tablent sur un ralentissement comparé au mois de mars.

Joe Biden a rappelé qu’en mars, 60 % de l’inflation avaient été dus à la hausse des prix à la pompe.

Si le président ne contrôle pas la guerre en Ukraine et la pandémie, il a martelé qu’il pouvait agir sur d’autres fronts.

« Il y a des choses que nous pouvons faire, nous pouvons nous attaquer à ce que nous devons faire, à commencer par la Réserve fédérale (Fed), qui joue un rôle primordial dans la lutte contre l’inflation dans notre pays », a-t-il déclaré.

Il a ainsi exhorté le Sénat « à confirmer sans délai » les nominations de « candidats hautement qualifiés » qu’il a proposés pour diriger la Fed.

Joe Biden a toutefois pris le soin de préciser qu’il n’était pas question d’interférer dans les décisions de l’institution. « Ils sont indépendants », a-t-il assuré.

Il a par ailleurs rappelé que son administration était en train d’examiner la possibilité de lever les droits de douane sur les produits chinois qui avaient été imposés par son prédécesseur Donald Trump en 2018 et qui représentent des surcoûts pour les entreprises américaines qui ne peuvent pas s’approvisionner auprès d’autres pays.

Au total, l’équivalent de 350 milliards de dollars d’importations annuelles en provenance du géant asiatique sont concernées par ces tarifs douaniers.

Ces surtaxes doivent expirer le 6 juillet prochain et les services de la représentante au Commerce ont annoncé la semaine dernière avoir lancé une consultation pour les modifier, voire les supprimer dans un contexte d’inflation inédite depuis le début des années 1980.

Interrogé enfin sur la durée de cette pression inflationniste, Joe Biden a cité les économistes : la plupart tablent sur une modération des prix cette année, d’autres estiment que cela pourrait durer jusqu’à l’année prochaine.

« Je ne peux pas le prédire », a-t-il dit, se voulant prudent après avoir longtemps affirmé que l’inflation élevée était « temporaire ».