(Montréal) Les travailleurs québécois qui ont l’impression d’avoir perdu du pouvoir d’achat dans la dernière année ne se trompent pas : l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) confirme en effet que le salaire horaire moyen a crû de 2,2 % en 2021, alors que l’inflation a été de 3,8 %.

Mis à jour le 16 février
Lia Lévesque La Presse Canadienne

Le salaire moyen s’est donc établi à 28,81 $ l’heure en 2021, indique l’ISQ dans son État du marché du travail au Québec, publié mercredi.

« La croissance des salaires n’a pas suivi, effectivement, l’inflation en 2021. Donc, il y a vraiment un retard à cet égard », a convenu en entrevue Luc Cloutier-Villeneuve, analyste en statistiques du travail à l’ISQ.

« Par contre, il y a un effet de composition qui joue dans la hausse du salaire moyen, parce qu’il y a eu quand même une hausse de 100 000 emplois de 30 $ et plus qui ont été ajoutés. Mais il y a eu presque autant d’emplois qui se situent entre 15 $ et 29 $, donc qui se situent dans le salaire moyen. C’est ce qui fait que le salaire horaire n’a pas beaucoup bougé », a expliqué M. Cloutier-Villeneuve.

Moins pour les femmes

Et les femmes ont été plus durement touchées que les hommes.

L’ISQ révèle en effet que le salaire horaire moyen des hommes a crû de 2,7 %, pour atteindre 30,16 $. Pendant ce temps, le salaire horaire des femmes a crû de 1,5 %, pour atteindre 27,39 $.

M. Cloutier-Villeneuve rappelle que les hommes ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les femmes.

Par exemple, il y a eu hausse importante de l’emploi dans la construction et dans les services professionnels, scientifiques et techniques, comme l’informatique – des secteurs bien rémunérés, où les hommes sont nettement plus présents que les femmes.

« Parallèlement, il reste que dans la santé, il y a eu une hausse de 41 400 emplois. Et ces emplois sont occupés, comme on le sait, plus majoritairement par des femmes. Mais ça ne semble pas avoir eu un effet sur les salaires. En comparant les hausses des salaires, on voit que les femmes tirent de l’arrière », a conclu M. Cloutier-Villeneuve.