Le taux de chômage au Canada a grimpé à 6,5 % en janvier

Publié le 5 février
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Le marché du travail devrait se remettre rapidement de la faiblesse du mois de janvier, qui s’est conclu avec des pertes d’emplois et une remontée du taux de chômage au Canada et au Québec.

« L’emploi et le nombre d’heures travaillées devraient rebondir dès le mois de février », prévoit l’économiste Benoit Durocher, de Desjardins.

À la Banque Nationale, les économistes Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme sont du même avis. Ils soulignent que les intentions d’embauche des entreprises ont atteint un sommet en décembre. « Cela laisse présager une reprise rapide, d’autant que les mesures sanitaires ont déjà commencé à être assouplies », estiment-ils.

Même mauvais, le portrait du marché du travail en janvier ne devrait pas empêcher la Banque du Canada d’entamer la remontée des taux d’intérêt, comme elle le prévoit, estiment la plupart des économistes.

« La Banque du Canada savait que les statistiques du marché du travail pour janvier seraient mauvaises quand elle a annoncé son intention d’augmenter les taux », a souligné l’économiste de la Banque Royale Nathan Janzen.

Le chômage à 5,4 % au Québec

Statistique Canada rapporte une diminution de 200 000 emplois au Canada en janvier, et une augmentation de 0,5 point du taux de chômage, à 6,5 %. Il s’agit de la première hausse du taux de chômage depuis avril 2021.

Les pertes d’emplois ont été concentrées au Québec et en Ontario, où des mesures sanitaires plus strictes ont été imposées à la fin du mois de décembre.

Au Québec, où un couvre-feu a été imposé fin décembre, l’emploi a diminué de 63 000, première baisse importante depuis un an. Le taux de chômage a augmenté de 0,7 point pour atteindre 5,4 %.

Les taux de chômage parmi les plus bas au Canada sont dans les régions métropolitaines de Québec (3 %) et de Sherbrooke (2,8 %). Dans la région métropolitaine de Montréal, le taux de chômage est de 5,8 %, en hausse de 0,8 point.

L’Ontario a perdu 147 700 emplois en janvier, et le taux de chômage a augmenté de 6,1 % en décembre à 7,3 % en janvier.

À l’échelle nationale, mais principalement au Québec et en Ontario, les pertes d’emplois sont concentrées dans les services d’hébergement et de restauration, qui sont les secteurs les plus affectés par les restrictions sanitaires.

Selon la Banque Nationale, 96,2 % des 200 000 emplois perdus au Canada en janvier sont liés aux secteurs les plus touchés par les mesures sanitaires.

Télétravail à long terme

L’enquête mensuelle de Statistique Canada a eu lieu du 9 au 15 janvier. Pendant cette période, un nombre anormalement élevé de répondants ont dit être en télétravail, en raison des mesures sanitaires. Plus de quatre travailleurs sur dix ont travaillé à la maison pendant cette semaine-là.

Toutefois, le télétravail devient un mode vie pour un nombre croissant de Canadiens, qui travaillent de la maison à temps plein. « Pour le quart des Canadiens, le travail à domicile est devenu une façon à long terme de travailler », souligne Statistique Canada dans son rapport.

L’agence a aussi demandé aux Canadiens s’ils prévoyaient quitter leur emploi au cours des 12 prochains mois et, si oui, pour quelles raisons.

Seulement 7,3 % des répondants ont affirmé vouloir quitter leur emploi pour en trouver un de meilleure qualité. La faible rémunération, la charge de travail élevée et l’impossibilité de travailler à domicile sont les raisons évoquées par ceux qui veulent changer d’emploi.

Fort rebond de l’emploi aux États-Unis

L’économie américaine a créé 467 000 emplois en janvier, un nombre très supérieur aux attentes, ce qui indique que le marché du travail a résisté à l’impact du variant Omicron. Selon le département américain du Travail, les gains d’emplois se retrouvent dans les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie, des services aux entreprises et de la logistique. Le taux de chômage a légèrement remonté, à 4 %, parce qu’une partie de ceux qui avaient abandonné le marché du travail y sont retournés. Le taux de participation est ainsi passé de 61,9 % en décembre à 62,2 % janvier. C’est le deuxième mois d’affilée de forte création d’emplois aux États-Unis, après une augmentation de 510 000 en décembre. Comme au Canada, la Réserve fédérale américaine a signifié son intention d’augmenter son taux directeur, ce qui pourrait survenir au printemps.

Hélène Baril, La Presse