(New York) Delta Air Lines a prévenu jeudi que le variant Omicron allait probablement repousser la reprise du trafic aérien de deux mois et provoquer une perte au premier trimestre mais la compagnie américaine s’est montrée optimiste pour l’ensemble de l’année.

Publié le 13 janvier
Agence France-Presse

Particulièrement contagieux, Omicron a touché de nombreux employés du secteur aérien depuis mi-décembre. Avec en plus les intempéries, près de 32 000 annulations de vols ont été enregistrées au total aux États-Unis entre la veille de Noël et mercredi.

Chez Delta, environ 8000 personnes ont été infectées au cours des quatre dernières semaines, a détaillé le patron de la compagnie, Ed Bastian, dans une interview sur CNBC. Il n’y a pas eu a priori de problèmes de santé graves « mais cela les a empêchés de travailler pendant un certain temps », a-t-il ajouté.  

Comme c’était juste au moment où la demande était au plus haut depuis deux ans, « la combinaison des deux évènements ne pouvaient pas arriver au pire moment », a remarqué le responsable.  

Mais la situation s’améliore et il n’y a quasiment plus d’annulations.

« Les opérations de Delta se sont stabilisées au cours de la semaine passée et sont revenues à leurs performances d’avant les fêtes », a assuré M. Bastian dans un communiqué.  

Omicron devrait toutefois continuer à avoir un impact sur la demande jusqu’au week-end prolongé d’un jour férié autour du 20 février, avance Delta.  

La remontée du chiffre d’affaires du groupe devrait en conséquence marquer un temps d’arrêt : alors qu’il s’affichait en décembre à environ 80 % de ce qu’il était en 2019, avant que la pandémie ne fasse chuter le trafic aérien, il devrait revenir à environ 72 % à 76 % de son niveau de 2019 sur l’ensemble du premier trimestre.

Hausse du carburant

« Omicron devrait retarder la reprise de la demande de 60 jours », a estimé M. Bastian.  

Pour la suite toutefois, le groupe se montre « confiant pour une solide saison de voyages au printemps et en été dans la mesure où il y a encore une marge importante de demande pour les voyages de tourisme comme pour les voyages d’affaires », a-t-il ajouté.  

Omicron, qui a surtout touché les activités de la compagnie au cours des deux dernières semaines de décembre, a légèrement augmenté les coûts d’opérations de Delta, tout comme la hausse du prix du kérosène.

La compagnie s’attend pour le premier trimestre à payer entre 2,35 et 2,50 dollars le gallon, contre 2,10 dollars au trimestre précédent.  

La compagnie sera capable de s’adapter s’il y a une « énorme augmentation » des coûts du carburant, a assuré M. Bastian sur CNBC. « On y a déjà fait face par le passé ».

Sur l’ensemble du trimestre, le groupe a subi une perte nette de 408 millions de dollars, notamment en raison de pertes de 564 millions liées à des investissements dans d’autres sociétés, des ajustements comptables et des versements spéciaux d’intéressement.  

Ajusté des éléments exceptionnels, le groupe a toutefois dégagé un bénéfice de 143 millions de dollars, soit 22 cents par action contre 14 cents attendus par les analystes.  

Delta montait de 1,6 % dans les échanges électroniques précédant l’ouverture de la Bourse de New York.  

Sur l’ensemble de l’année 2021, le groupe a dégagé un bénéfice net de 280 millions de dollars, alimenté en particulier par les aides du gouvernement au paiement des salaires.  Ajusté des éléments exceptionnels, le groupe a subi une perte de 2,6 milliards de dollars.