La pénurie de main-d’œuvre qui s’intensifie se répercute sur l’économie canadienne, obligeant certaines entreprises à ralentir leurs activités, à réduire leurs heures d’ouverture et, dans certains cas, à euthanasier des animaux d’élevage.

Publié le 5 janvier
Brett Bundale La Presse Canadienne

La situation est le résultat d’une pénurie chronique de main-d’œuvre, aggravée par la hausse des nouveaux cas de COVID-19, forçant de nombreuses personnes à s’isoler.

Les fermetures d’écoles ont également forcé certains travailleurs à se démener pour la garde d’enfants et certains restent incapables d’aller travailler.

Absentéisme croissant

Ces divers éléments se traduisent par un absentéisme croissant, ce qui incite les compagnies aériennes à annuler des vols, les pharmacies à fermer plus tôt et les restaurants à se contenter d’offrir des menus « pour emporter ».

Dans un abattoir près de Québec, la pénurie de main-d’œuvre est devenue si extrême ces derniers jours qu’on a décidé d’euthanasier des poulets qui ne pouvaient pas être transformés.

La coopérative Exceldor affirme que l’augmentation des infections à la COVID-19 et l’importante pénurie de personnel l’ont forcée à recourir à « l’euthanasie humanitaire ».

Elle attribue la pénurie prolongée de travailleurs chez Exceldor aux retards fédéraux dans le traitement des demandes de travailleurs étrangers temporaires.

Pendant ce temps, certaines provinces ont tenté d’atténuer les problèmes de personnel en raccourcissant les périodes d’isolement, permettant aux gens de retourner au travail plus tôt.

Pourtant, le grand nombre de nouveaux cas quotidiens causés par le variant Omicron, hautement transmissible, continue de laisser de nombreux travailleurs confinés chez eux et les entreprises ont du mal à rester ouvertes.

En outre, même celles qui restent ouvertes sont confrontées à un cauchemar de planification, car l’augmentation des absences imprévues — en plus des restrictions changeantes de la santé publique — rend leur fonctionnement difficile.

« Omicron a entraîné davantage d’absences imprévues, sans parler des complications causées par les restrictions soudaines du gouvernement », a souligné la porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail, Michelle Wasylyshen.

Un afflux de personnes incapables de travailler et des mesures de santé publique changeantes « bouleversent les horaires qui étaient souvent prévus des semaines à l’avance », a-t-elle ajouté.

Certaines entreprises ont réagi à la perturbation en élaborant de nouveaux plans sur la façon de fonctionner pendant la nouvelle vague de contaminations, tandis que d’autres doivent modifier leurs horaires ou fermer complètement.

La chaîne de pharmacies Jean Coutu indique sur son site web que certains de ses magasins pourraient devoir modifier leurs heures d’ouverture pour assurer le maintien des services essentiels.

Marie-Claude Bacon, porte-parole de Metro, la société mère de Jean Coutu, a expliqué que la santé et la sécurité des employés et des clients étaient la priorité de l’entreprise depuis le début de la pandémie.

« Comme l’absentéisme a fluctué au cours des 20 derniers mois, nous continuons d’apporter les ajustements de personnel nécessaires au besoin au niveau des magasins et (des centres de distribution) pour minimiser l’impact sur nos activités », a-t-elle écrit dans un courriel.