Le secteur des bureaux continue de pâtir de la pandémie, malgré certains signes encourageants apparus au troisième trimestre. Le retour tant attendu des travailleurs risque toutefois d’être retardé avec la propagation du variant Omicron.

Publié le 2 déc. 2021
André Dubuc
André Dubuc La Presse

Mercredi, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 est remonté à 1200. De plus en plus, on s’inquiète de voir apparaître de nouvelles restrictions qui limiteront les célébrations de Noël et du jour de l’An.

« Je ne suis pas devin, dit Jean Laurin, président et directeur général d’Avison Young au Québec, mais c’est évident que les entreprises vont devoir respecter les normes qui vont être dictées. » L’agence immobilière a publié en début de semaine son analyse du marché des bureaux à Montréal au troisième trimestre 2021.

« Plus le nombre de cas va augmenter, poursuit-il, plus ça va ralentir le processus de retour au bureau et plus ça va le retarder. Ce dont je m’aperçois, c’est qu’il semble qu’on est en mesure de trouver des solutions plus rapidement lorsqu’il y a des variants », dit-il, sur un ton optimiste.

Taux de disponibilité en hausse

Dans l’attente des nouvelles, voici à quoi ressemblait le marché des tours de bureaux à la fin de septembre.

Le taux de disponibilité des bureaux dans la région montréalaise a continué sa progression, mais à un rythme plus posé. Il s’élève maintenant à 15,5 %, selon Avison Young. Il était sous les 11 % avant la pandémie. La disponibilité au centre-ville a augmenté de 67 % depuis l’apparition du virus.

Toujours au centre-ville, la superficie locative actuellement louée a diminué de 1,79 million de pieds carrés, l’équivalent de trois tours de bureaux comme le 1100, boulevard René-Lévesque Ouest.

Après bientôt deux ans de télétravail, des habitudes se prennent. Il y aura assurément un avant et un après-COVID-19. Le travail hybride, en partie au bureau et en partie en télétravail, sera répandu.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Jean Laurin, président et directeur général d’Avison Young au Québec

« On voit que les entreprises vont baisser leur empreinte probablement d’un minimum de 10 %, à peut-être 25 à 30 %, en fonction du type d’entreprise et du modèle d’occupation qu’elles vont suivre », estime M. Laurin.

Voir le verre à moitié plein

Dans ce contexte des plus moroses, des signes encourageants se sont néanmoins manifestés au troisième trimestre.

Les loyers bruts, en incluant les frais d’exploitation et les taxes, se sont maintenus malgré une plus grande disponibilité des bureaux, les propriétaires préférant faire des compromis sur les améliorations locatives et d’autres petites douceurs consenties aux locataires plutôt que de rogner sur le taux de location.

« ll est intéressant de noter que dans la plupart des cas où les entreprises ont décidé de déménager, elles ont choisi de rester au centre-ville », observe Avison Young dans son rapport.

Qui plus est, des secteurs ont même vu la superficie totale des bureaux sous bail augmenter au dernier trimestre, ce qu’on appelle une absorption positive des pieds carrés de bureaux. C’est le cas à la fois de l’est et de l’ouest de la ville, de Laval et du secteur situé en périphérie du centre-ville. Une illustration de la popularité des bureaux satellites, évoque la firme Avison Young.

L’investissement dans le produit de bureau a aussi repris de la vigueur et le rendement exigé par les investisseurs n’a pas bougé pour la peine dernièrement. Petra a racheté le 1000, De la Gauchetière Ouest pour 482 millions, de loin la plus importante des 19 transactions enregistrées au cours du troisième trimestre. « Ce niveau d’activité dans le secteur de l’investissement de bureau est une indication claire que les investisseurs demeurent confiants dans l’économie et la reprise de Montréal », soutient l’agence immobilière.

La Chambre de commerce note un retour

Tranquillement, le centre-ville reprend vie. Un nouveau sondage publié mercredi par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain indique que 61 % des travailleurs sont de retour au bureau, soit à temps plein (29 %) ou partiel (32 %). « Il s’agit d’un net progrès par rapport au rythme de retour observé en août (47 %) et en juin (28 %) et d’une avancée très prometteuse pour la revitalisation du centre-ville de Montréal », a déclaré dans un communiqué Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Parallèlement, la circulation piétonnière est à la hausse, selon un indicateur maison développé pour Avison Young à partir des données de géolocalisation de téléphones intelligents. À Montréal, environ la moitié des gens sont de retour au centre-ville, un résultat supérieur à celui observé ailleurs en Amérique.

La forte composante résidentielle de notre centre-ville et le retour des étudiants sur les campus cet automne expliquent en bonne partie cette performance encourageante, selon M. Laurin.

Finalement, les entreprises se préparent au retour des travailleurs. Par exemple, depuis le 15 novembre, il est prévu que les fonctionnaires provinciaux soient de retour au bureau au moins deux jours par semaine.