(Montréal) L’économie canadienne a progressé de 5,4 % au troisième trimestre en rythme annuel, après un recul sur le trimestre précédent, selon des chiffres publié mardi par l’institut canadien de la statistique.

Mis à jour le 30 nov. 2021
Agence France-Presse

Cette hausse, supérieure aux attentes des analystes,  est principalement due à l’augmentation des dépenses des ménages canadiens et à une croissance des exportations.

Toutefois dans le même temps, les chiffres du Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre ont été révisés fortement à la baisse avec une contraction de 3,2 % contre 1,1 % annoncé précédemment.

Au troisième trimestre, les ménages et les entreprises au Canada « ont repris leurs activités normales » avec la levée des restrictions sanitaires, ce qui explique la croissance du PIB, explique Statistique Canada dans un communiqué.

« Le taux annualisé de 5,4 % dépasse les attentes qui étaient d’environ 2,5 %, mais cette bonne nouvelle est assombrie par une révision au deuxième trimestre », a commenté l’analyste de la CIBC Avery Shenfeld, dans une note.

La banque Desjardins note que finalement « les consommateurs ont été davantage au rendez-vous cet été » que ce qui était anticipé avec des dépenses en services ont bondi de 27,8 %.   

Après avoir diminué au deuxième trimestre, les exportations se sont accrues au troisième, « stimulées notamment par les exportations de pétrole brut ».

Les dépenses en consommation des Canadiens, notamment les biens semi-durables et les services, ont aussi affiché « une forte hausse ».  À l’inverse, après quatre trimestres consécutifs de « croissance vigoureuse », les investissements en immobilier ont diminué au troisième trimestre.

Les investissements dans la construction de logements neufs ont reculé de 5,2 %, ce qui constitue « la plus forte baisse enregistrée » depuis 2009, a indiqué Statistique Canada.

Mais les analystes redoutent la fin de l’année. Benoit Durocher de la banque Desjardins s’inquiète pour le mois de novembre qui « s’annonce plus difficile avec » un recul du PIB réel probable en raison des inondations en Colombie‑Britannique qui sont venues accentuer les problèmes d’approvisionnement « .

 » L’économie canadienne surprend avec une croissance au troisième trimestre, mais qui va s’en soucier maintenant que la menace du variant Omicron pèse pour les prochains trimestres ? «, a ajouté Avery Shenfeld.

La Banque du Canada a révisé le mois dernier ces prévisions de croissance pour l’économie canadienne tablant sur 5 % cette année, puis 4,5 % en 2022.

Elle avait également annoncé qu’elle pourrait commencer à relever les taux directeurs dès avril 2022, l’inflation devant rester au-dessus de l’objectif pendant une grande partie de l’année prochaine.