(Genève) La Chine a promis mercredi à l’OMC d’ouvrir davantage son marché et d’accélérer son « nouveau modèle de développement » fondé sur la demande intérieure, des promesses qui n’ont pas fait taire les critiques américaines et européennes.

Agence France-Presse

L’Organisation mondiale du commerce organise mercredi et vendredi l’examen des pratiques commerciales de la Chine, un exercice auquel se soumettent à intervalles réguliers tous les membres de l’organisation, à huis clos.

Le ministre du Commerce chinois, Wang Wentao, qui s’est exprimé en ligne, a soutenu que son pays entendait ouvrir son économie et « ne poursuivait jamais son propre développement aux dépens des intérêts des autres pays », selon un représentant du Commerce basé à Genève.

La plupart des pays ayant pris la parole ont souligné les efforts entrepris par la Chine pour moderniser ses politiques économiques et commerciales, mais l’ont exhorté « à poursuivre les réformes et son ouverture afin d’atteindre une concurrence de marché plus libre et plus équitable, tout en assurant une plus grande transparence », selon le même représentant du Commerce.

Pékin est régulièrement accusé par les pays riches de ne pas respecter ses obligations prévues par l’OMC en matière de notifications des mesures commerciales - telles que les subventions et les droits de douane.

Dans un rapport publié à l’occasion de la réunion, transmis par l’OMC, la Chine indique avoir l’intention « d’accélérer les efforts déployés pour encourager un nouveau modèle de développement qui a pour élément principal la circulation intérieure ».

Pékin indique aussi vouloir « faire du marché chinois un marché pour le monde », et « mettre en œuvre une politique d’importation plus dynamique ».

Dans le rapport, la Chine défend avec vigueur le multilatéralisme, et promet « en tant que pays en développement » d’approfondir la coopération Sud-Sud et contribuer à l’allégement de la dette de ces pays.

« Distorsions »

Le précédent examen des politiques commerciales chinoises remonte à 2018. Alors que la guerre commerciale entre Washington et Pékin venait de commencer, les États-Unis de Donald Trump avaient alors remis en cause la légitimité de la Chine à faire partie de l’OMC, en l’accusant notamment de ne pas ouvrir suffisamment son marché.

Cette fois encore, les États-Unis se sont montrés très critiques. Le chargé d’Affaires américain, David Bisbee, a été l’un des premiers à prendre la parole.

Lors de l’examen de 2018, a-t-il dit, les États-Unis ont prononcé un discours qui exposait « l’importance du rôle de la Chine dans le système commercial international et les défis uniques et fondamentaux que la Chine pose à ce système », et « aujourd’hui, ces défis persistent ».

Il a accusé Pékin d’être devenu « la plus grande puissance commerciale à l’OMC, tout en accentuant son approche étatique du commerce […] au détriment des travailleurs et des entreprises des États-Unis et d’autres pays » et a en particulier pointé du doigt les politiques industrielles de la Chine qui « vont bien au-delà du soutien aux industries nationales » et « faussent les règles du jeu ».

L’ambassadeur de l’UE, Joao Aguiar Machado, a dénoncé également les « distorsions de concurrence » générées par le soutien de l’État chinois à l’économie et appelé la Chine à « s’abstenir de réclamer des avantages qui correspondraient à un pays en développement dans les négociations en cours » à l’OMC.

À l’OMC, les membres annoncent eux-mêmes qu’ils font partie des pays « développés » ou « en développement » - comme le fait la Chine - ce que lui reprochent vivement Washington et Bruxelles, qui réclament une réforme de l’organisation.