(Washington) La reprise complète de l’économie américaine « prendra du temps », a prévenu lundi le président de l’antenne de New York de la banque centrale américaine, soulignant que l’impact du variant Delta est visible dans les indicateurs économiques.

Agence France-Presse

« La reprise continue de montrer une solide dynamique », a déclaré John Williams, devant le Club économique de New York, notant qu’il va falloir être patient.  

« Même avec le fort rythme de croissance que nous avons connu une grande partie de cette année, une reprise complète prendra du temps », a-t-il estimé, relevant en particulier que la résurgence des cas de COVID-19 « affecte les dépenses de consommation et l’emploi, entretient les goulets d’étranglement dans des secteurs tels que l’automobile et retarde la réouverture complète du secteur des services ».

Sur le front du marché du travail, « on est encore loin d’avoir atteint l’objectif de plein emploi de la Réserve Féderale » (Fed), a-t-il ajouté, rappelant qu’il y a 5 millions d’emplois aujourd’hui comparé au niveau d’avant la pandémie.

Le taux de chômage du mois de septembre sera publié le 8 octobre.

En août, il s’est établi à 5,2 %, encore loin du plus bas historique (3,5 %) de février 2020 avant la propagation de la COVID-19.

M. Williams a enfin souligné qu’il y avait toujours une « grande incertitude » sur les perspectives relatives à l’inflation.

Le 8 septembre, il notait déjà que malgré « des progrès substantiels » sur le front de l’emploi et de l’inflation, les objectifs fixés par la banque centrale américaine n’étaient pas encore atteints.

La semaine dernière, la Fed a abaissé ses prévisions de croissance pour cette année à 5,9 % contre 7 % estimé en juin. Elle a en outre revu en hausse le taux de chômage à 4,8 % (+0,3 point).

Le président de la Fed, Jerome Powell, qui doit être auditionné mardi devant le Sénat, va lui aussi évoquer le ralentissement de la reprise économique dans les secteurs les plus touchés par la pandémie, comme l’hôtellerie et la restauration, en raison du variant.

« Les progrès sur la vaccination et les mesures budgétaires soutiennent fortement la reprise », va-t-il souligner selon un discours transmis à la presse lundi.

« Les facteurs liés à la pandémie, tels que les besoins en soins et les craintes persistantes du virus, semblent peser sur la croissance de l’emploi », va-t-il également mettre en avant.  

Mais, selon lui, « ces facteurs devraient diminuer avec les progrès réalisés pour contenir le virus ».

M. Powell va enfin redire que la puissante institution financière « fera tout ce qu’elle peut pour soutenir l’économie jusqu’à ce que la reprise soit complète ».