(Washington) Les entreprises privées aux États-Unis ont créé moins d’emplois qu’attendu aux États-Unis en août, le variant Delta ralentissant la reprise économique, mais les géants Amazon et Walmart s’apprêtent à recruter des dizaines de milliers de personnes.

Agence France-Presse

Quelque 374 000 emplois ont été créés le mois dernier dans le pays, selon l’enquête mensuelle de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi. Même si c’était plus qu’en juillet, c’est presque moitié moins que prévu par les analystes.

« Nous avons constaté une baisse des nouvelles embauches, après une croissance significative de l’emploi au premier semestre de l’année », a commenté Nela Richardson, économiste en chef d’ADP, dans un communiqué.

Les créations d’emplois dans le secteur privé sont vues comme une première indication, plus ou moins fiable, des chiffres officiels de l’emploi et du chômage, qui seront publiés vendredi.

Près des deux tiers des nouveaux emplois (201 000) ont été créés dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, qui a particulièrement souffert de la pandémie et a profité de la saison estivale et de la vaccination pour commencer à relever la tête.

Mais « le variant Delta de la COVID-19 semble avoir nui à la reprise du marché du travail », a souligné Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s Analytics, également cité dans le communiqué d’ADP. « La croissance de l’emploi demeure forte, mais loin du rythme des derniers mois. [Elle] reste inextricablement liée à l’évolution de la pandémie ».

« La vague Delta de la COVID-19 est probablement à blâmer », analyse également Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

Et l’effet devrait se prolonger en septembre, avertit-il, « même si nous espérons qu’il sera compensé, au moins en partie, par les effets de la réouverture des écoles et l’expiration des allocations de chômage améliorées ».

Les grandes entreprises Amazon et Walmart ont en tout cas prévu de recruter massivement.

Amazon veut embaucher 40 000 personnes à des postes de bureau allant des ressources humaines au marketing en passant par la tech, ainsi que « des dizaines de milliers » d’employés aux États-Unis pour son réseau d’entrepôts et de livraisons.

La « grande majorité » de ces emplois sont des créations, a précisé à l’AFP un porte-parole.

Le géant des supermarchés Walmart prévoit de son côté de recruter prochainement 20 000 personnes supplémentaires aux États-Unis pour gérer le flux des produits dans ses entrepôts et ses livraisons : des préparateurs de commandes, des manutentionnaires, des chauffeurs caristes, des techniciens et des cadres.

Fin des allocations

Le variant pourrait toutefois retarder le retour à l’emploi de nombreux Américains, inquiets de contracter le virus et de le transmettre.

Il représente une nouvelle difficulté pour les employeurs, qui peinent déjà à trouver des candidats pour les postes les moins bien payés alors même que la réouverture des écoles, après un an et demi de classe majoritairement virtuelle, leur permettait d’espérer le retour d’une partie de la main-d’œuvre.

Pour attirer les candidats, Walmart souligne d’ailleurs mercredi que le salaire moyen d’un employé travaillant sur sa chaîne d’approvisionnement est de 20,37 $ l’heure, ce que le groupe présente comme une « rémunération compétitive ».

Par ailleurs, les allocations de chômage supplémentaires, versées depuis le début de la pandémie, se terminent lundi. Les chômeurs de longue durée, ainsi que les indépendants, entre autres, n’y auront plus droit, ce qui pourrait les contraindre à être moins regardants sur les emplois recherchés.

La moitié des États du pays avait pris les devants, et diminué ou supprimé ces aides depuis plusieurs semaines. Mais cela ne semble avoir eu « qu’un effet marginal » sur l’emploi, observe Gregory Daco, économiste pour Oxford Economics.

En revanche, « l’expiration des allocations devrait peser davantage sur les revenus des ménages », souligne-t-il. Le risque est en effet que cela freine la consommation, qui est le moteur de l’économie américaine.

Secteurs public et privé confondus, près de 1 million d’emplois avaient été créés en juillet, selon les chiffres du dernier rapport officiel sur l’emploi aux États-Unis publié début août.

Pour août, les analystes s’attendent à la création de 750 000 nouveaux emplois et à une nouvelle baisse du taux de chômage, à 5,2 %, contre 5,4 % en juillet.