(Boisbriand) La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, est prête à prolonger les programmes d’aide aux entreprises et aux individus au-delà du 25 septembre s’il le faut et à maintenir des programmes d’aide sectoriels spécifiques là où la reprise continuera de se faire attendre.

Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne

De passage à Boisbriand, lundi, où elle a rencontré les maires de la région et les dirigeants de l’usine de fabrication d’hélicoptères Bell Textron à Mirabel, Mme Freeland a reconnu que ce prolongement pourrait être requis alors que la reprise est moins forte que ce qu’elle avait prévu dans son budget du 19 avril dernier.

« Nous sommes en train de regarder tous les signes économiques et, si c’est nécessaire de prolonger les programmes, on va le faire. Je suis très optimiste en ce qui concerne la relance […], mais, d’un autre côté, je sais que la réouverture de l’économie a commencé un peu plus tard que l’on pensait en avril. Alors on va balancer, on va regarder la situation et la chose la plus importante ce sera d’être à l’écoute des gens », a-t-elle déclaré en point de presse.

Mme Freeland a rappelé au passage qu’Ottawa s’était donné le pouvoir d’allonger les programmes dans le budget « si cela s’avérait nécessaire ».

Paramètres sanitaires et économiques

La décision de prolonger ou non ne reposera toutefois pas strictement sur les données de croissance du produit intérieur brut, a-t-elle précisé. Ainsi, côté sanitaire, plusieurs paramètres seront considérés, notamment les niveaux de vaccination, de nouvelles infections et d’hospitalisations et une surveillance serrée de la progression du variant Delta, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

Quant aux indicateurs économiques, Ottawa surveillera de près les taux d’emploi, de chômage, les heures travaillées et la réduction de l’écart entre la production actuelle et celle qui avait cours avant la pandémie.

Aide sectorielle

Chrystia Freeland s’est par ailleurs dite très consciente que ce ne sont pas tous les secteurs qui pourront reprendre leur souffle à court terme.

« Nous avons des programmes spéciaux qui touchent spécifiquement les secteurs du tourisme et de la culture », a-t-elle donné en exemple, tout en rappelant que les programmes d’aide plus généraux qui s’adressent à l’ensemble des entreprises sont liés aux pertes par rapport au chiffre d’affaires normal, ce qui représente par défaut une aide sectorielle.

La ministre des Finances a également expliqué que son gouvernement suit de très près la situation de l’inflation, qui connaît une poussée particulièrement du côté des biens de consommation, mais elle a dit s’en remettre entièrement au professionnalisme de la Banque du Canada pour contrôler le rythme de l’inflation. La semaine dernière, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a assuré que la banque centrale freinerait l’inflation si les pressions temporaires sur les prix persistent et semblent plus permanentes.