(Washington) Les prix à la consommation ont continué de grimper en juin aux États-Unis, et ont connu leur plus forte hausse depuis 2008, tant sur un mois que sur un an, selon l’indice CPI publié mardi par le département du Travail.

Agence France-Presse

L’inflation s’est ainsi accélérée, en raison de la reprise de la demande aux États-Unis et des difficultés mondiales d’approvisionnement, et a atteint 5,4 % par rapport au mois de juin 2020, et 0,9 % par rapport au mois dernier.

C’est bien plus qu’attendu puisque les analystes tablaient sur un ralentissement de l’inflation sur un mois, à 0,5 % contre 0,6 % en mai.

Ces données devraient alimenter les inquiétudes sur le caractère durable de l’inflation, malgré les propos rassurants de nombreux économistes qui estiment que la hausse des prix devrait ralentir dans les mois à venir. Certains s’attendaient même à ce que le pic ait été atteint le mois dernier.

Comme en mai, les prix de l’essence et des voitures d’occasion ont, en juin, particulièrement augmenté sur un an, respectivement de 45,1 % et 45,2 %. Au printemps 2020 en effet, les premières mesures de confinement avaient fait plonger certains prix, et, avec la reprise économique aux États-Unis, la différence sur un an est très élevée.

La demande reste très forte pour les voitures d’occasion, car les loueurs automobiles sont en train de reconstituer leurs flottes après la pandémie, mais aussi à cause de la pénurie de semi-conducteurs qui ralentit la production de voitures neuves.

En excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation dite sous-jacente est de 4,5 % sur un an, sa plus forte hausse en plus de 30 ans. Par rapport au mois dernier, la hausse est de 0,9 %, plus que les 0,7 % de mai.

Les yeux sont, depuis plusieurs mois, rivés sur la Banque centrale américaine (Fed), et sur une éventuelle action visant à empêcher les prix de trop grimper.

Mais ses responsables veulent que l’inflation soit supérieure à son objectif de 2 % pendant « un moment », avant de s’y stabiliser, et n’ont de cesse d’alerter sur les risques pour la reprise d’une réduction prématurée de l’aide, d’un resserrement anticipé des conditions monétaires très accommodantes.

Ils veulent également voir le retour du plein emploi avant d’agir.  

« Clairement nous n’avons actuellement pas réalisé » les progrès attendus pour envisager de réduire le soutien à l’économie américaine, a ainsi souligné lundi le président de la Fed de New York, John Williams.

« Je suis concentré sur les progrès supplémentaires substantiels » en matière d’inflation et d’emploi, a-t-il précisé.