(Washington) L’emploi et l’inflation aux États-Unis n’ont pas encore atteint les niveaux visés, et il faudra donc attendre un peu pour voir la Banque centrale américaine (Fed) diminuer ses achats d’actifs ou remonter ses taux directeurs, a commenté lundi un responsable de l’institution.

Agence France-Presse

« Clairement nous n’avons actuellement pas réalisé » les progrès attendus pour envisager de réduire le soutien à l’économie américaine, a souligné le président de la Fed de New York, John Williams, lors d’une conférence de presse virtuelle.

« Je suis concentré sur les progrès supplémentaires substantiels » en matière d’inflation et d’emploi, a-t-il précisé.

La Fed veut, avant d’envisager de diminuer son aide, voir le retour du plein emploi, et une inflation qui soit supérieure à son objectif de 2 % pendant « un moment », avant de s’y stabiliser.

L’inflation aux États-Unis dépasse désormais largement les 2 % sur un an, cible de la Fed. Elle a continué son ascension en mai, grimpant à 3,9 %, mais a, sur un mois, ralenti à +0,4 % après +0,6 % enregistré en avril, selon l’indice PCE publié par le département du Commerce, et que suit particulièrement la Fed.

La Réserve fédérale américaine martèle qu’il est trop tôt pour resserrer sa politique monétaire, estimant que ce phénomène sera transitoire, et non durable.

Quant au taux de chômage, il était de 5,9 % en juin, toujours bien plus élevé que les 3,5 % d’avant-crise, malgré les 850 000 emplois créés au cours du mois. Il manque encore près de 7 millions d’emplois.

« Il s’agit vraiment d’atteindre nos objectifs d’emploi maximum et d’inflation de 2 % » sur le long terme, a souligné John Williams, qui a refusé d’avancer un calendrier prévisionnel.

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Le président de la Fed de New York, John Williams

Il a fait état d’un « moment de grande incertitude ».

La Fed avait, pour soutenir l’économie américaine frappée de plein fouet par la crise provoquée par la COVID-19, abaissé ses taux directeurs dans une fourchette de 0 % à 0,25 %, et achète 120 milliards de dollars d’actifs par mois.

Mais la hausse des prix liée à la reprise économique, aux goulets d’étranglement sur la chaîne d’approvisionnement mondiale, et à la comparaison avec des prix qui avaient chuté un an plus tôt, alimentent depuis des mois les spéculations sur un resserrement de la politique monétaire.

Les responsables de la Fed assurent régulièrement qu’il est encore trop tôt. Ils avaient cependant reconnu lors de leur dernière réunion mi-juin avoir été surpris par l’ampleur de la hausse des prix.