(Washington) Le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Jerome Powell, s’attend à ce que les récentes flambées des prix s’atténuent bientôt et ramènent l’inflation à un niveau soutenable.

Christopher Rugaber Associated Press

Les prix à la consommation ont bondi de 5,0 % en mai par rapport à l’année précédente, enregistrant leur plus forte augmentation en 13 ans.

Mais M. Powell a estimé que l’augmentation reflétait principalement des goulots d’étranglement temporaires de l’approvisionnement et le fait que les prix ont fortement chuté au printemps dernier, au début de la pandémie, ce qui fait que l’inflation d’aujourd’hui, par rapport à il y a un an, semble beaucoup plus importante.

« Alors que ces effets transitoires sur l’offre s’atténuent, l’inflation devrait retomber vers notre objectif à plus long terme », a-t-il affirmé dans un témoignage préparé pour un groupe de surveillance du Congrès.

Les commentaires de M. Powell arrivent à un moment où les marchés financiers ont du mal à interpréter les récentes décisions de la Réserve fédérale. La semaine dernière, les responsables de la Fed ont signalé qu’ils pourraient augmenter le taux d’intérêt de référence de la banque centrale à deux reprises en 2023, soit plus tôt que ce qu’elle avait prévu en mars, alors qu’aucune hausse des taux n’était attendue avant 2024.

M. Powell a également affirmé que la Fed avait officiellement commencé à discuter du moment et de la manière dont la banque centrale pourrait réduire ses achats de bons du Trésor et d’obligations adossées à des créances hypothécaires, qui atteignent actuellement 120 milliards US chaque mois. Ces achats visent à maintenir les taux d’intérêt à long terme plus bas afin d’encourager l’activité d’emprunt et les dépenses.

Ces deux mesures ont été considérées comme la preuve que la Fed voulait signaler qu’elle était prête à contrôler l’inflation sans prendre au départ aucune mesure pour annuler ses efforts pour stimuler l’économie.

Mais M. Powell a également souligné lors de la conférence de presse de la semaine dernière que les décideurs de la Fed ne discutaient toujours pas d’une hausse des taux, l’économie étant loin d’être complètement guérie. Et la Fed a affirmé qu’elle ne commencerait pas à réduire ses achats d’obligations tant que l’économie n’aura pas fait « de nouveaux progrès substantiels » vers ses objectifs de plein emploi et que l’inflation sera en voie de rester légèrement au-dessus de 2 %.

« Nous sommes loin de nouveaux progrès substantiels, jugeons-nous », a affirmé M. Powell la semaine dernière. « Mais nous progressons. »

Certains responsables de la Fed ne sont pas totalement convaincus que l’inflation est temporaire. Le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, a affirmé lundi que l’économie se trouvait en terrain inconnu, ce qui complique toute prévision au sujet de la trajectoire de l’inflation. Il a cependant ajouté que « nous devons être prêts à l’idée qu’il existe des risques à la hausse pour l’inflation, (elle) pourrait aller plus haut » que le taux de 2,5 % qu’il a prévu pour l’année prochaine.

Pourtant, d’autres responsables ont fait écho aux vues de M. Powell sur l’inflation. Lundi, le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, qui est également vice-président du comité d’élaboration des politiques de la Fed, a dit qu’il s’attendait à ce que les récentes flambées des prix soient temporaires.

« Je m’attends à ce qu’à mesure que les renversements de prix et les déséquilibres à court terme de la réouverture de l’économie prennent fin ; l’inflation passera d’environ 3 % cette année à près de 2 % l’année prochaine et en 2023 », a estimé M. Williams.