(Ottawa) Les ventes résidentielles au pays commencent à ralentir par rapport aux sommets atteints plus tôt cette année, mais l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) s’attend malgré tout à ce que le nombre de transactions atteigne un nouveau sommet record cette année.

Tara Deschamps La Presse Canadienne

Pas moins de 56 156 résidences ont changé de mains en mai, ce qui représentait une baisse de 7,4 % par rapport aux 60 638 transactions enregistrées en avril, a indiqué l’ACI, précisant que la baisse mensuelle du nombre de ventes avait été observée dans près de 80 % de tous les marchés au pays.

Le nombre de transactions en mai a plus que doublé par rapport au même mois l’an dernier, alors que la première vague de cas de COVID-19 se propageait rapidement dans le pays, mais l’association s’attend à ce que les ventes renouent avec des niveaux plus habituels au cours de la seconde moitié de 2021 et en 2022.

Selon les prévisions de l’ACI, les transactions devraient augmenter de 23,8 % en 2021 par rapport à l’année dernière, pour atteindre le niveau record de 682 900. Elles devraient par la suite reculer de 13 % en 2022 pour se chiffrer à 594 000.

Le président de l’ACI, Cliff Stevenson, a attribué le ralentissement des ventes à des prix plus élevés, à une diminution de l’offre et à un malaise général se propageant sur de nombreux marchés.

« De plus en plus, on observe des indices de lassitude de l’offre et de mécontentement chez les acheteurs ; de plus, la nécessité de se trouver rapidement un endroit où attendre la fin de la COVID-19 devrait bientôt s’estomper compte tenu de la situation actuelle », a-t-il affirmé dans un communiqué.

L’ACI s’attend à ce que la baisse des ventes soit plus importante en Colombie-Britannique et en Ontario, où les guerres d’enchères prépandémiques et la flambée des prix se sont intensifiées pendant la crise sanitaire.

L’association s’attend à ce que ces baisses engendrent un « paradoxe de Simpson », où le prix moyen dans chaque province risque d’enregistrer une augmentation d’une année à l’autre plus importante que la moyenne nationale, car les ventes s’éloigneront des marchés provinciaux les plus coûteux.

Toujours plus chères

L’association prévoit que le prix moyen des propriétés augmentera de 19,3 % sur une base annuelle pour atteindre 677 775 $ cette année, puis progressera de moins de 1 % pour atteindre 681 500 $ en 2022.

Les prix moyens des propriétés les plus élevés sont attendus en Colombie-Britannique, où l’ACI prévoit qu’ils atteindront 883 781 $ en 2021 et 896 304 $ en 2022.

L’Ontario suivra de près avec un prix moyen de 859 533 $ cette année et de 887 031 $ l’année prochaine.

Les résidences les plus abordables se trouveront à Terre-Neuve-et-Labrador, où les propriétés se vendront en moyenne 272 964 $ en 2021 et 279 937 $ en 2022.

Le prix moyen national d’une propriété vendue en mai était d’un peu plus de 688 000 $, en hausse de 38,4 % par rapport à celui de 497 189 $ du même mois l’an dernier.

Si on exclut les régions du Grand Vancouver et du Grand Toronto de ce calcul, le prix moyen chute de près de 140 000 $, a souligné l’ACI.

Le prix moyen en mai était de 1 179 831 $ dans le Grand Vancouver et de 1 108 462 $ dans le Grand Toronto.

Les nouvelles inscriptions reculent encore

Dans l’ensemble du pays, le nombre de nouvelles inscriptions a reculé de 6,4 % en mai par rapport à avril, pour se chiffrer à 74 466.

Les inscriptions ont diminué dans environ 70 % des marchés canadiens, la région d’Halifax-Dartmouth enregistrant une baisse de 32,4 % par rapport à avril, la plus forte baisse observée au pays.

Les baisses les plus faibles ont été enregistrées dans le Grand Vancouver, à Saskatoon, à Regina, à Trois-Rivières et à Sherbrooke, avec des reculs de moins de 1 %.

Sur la base du ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions, l’économiste Robert Kavcic, de BMO Marchés des capitaux, a souligné que les marchés les plus serrés restaient ceux des régions de propriétés récréatives, comme l’Okanagan, en Colombie-Britannique, et Kawartha Lakes, en Ontario.

Il a attribué le refroidissement qui se matérialisait à l’échelle nationale à une combinaison de lassitude des acheteurs, d’une légère augmentation des taux hypothécaires fixes sur cinq ans, de mesures politiques telles que la hausse du taux d’admissibilité aux prêts hypothécaires et d’une ruée hors des grandes villes avec l’arrivée du télétravail.

« Les ventes résidentielles ont reculé par rapport aux niveaux extrêmes observés ces derniers mois, mais l’activité actuelle reste historiquement forte et favorise une croissance des prix démesurée », a écrit M. Kavcic dans une note aux investisseurs.

« Nous pensons que l’activité de vente continuera de ralentir progressivement au cours de l’année à venir, mais il faudra des taux d’intérêt plus élevés pour calmer le marché de manière significative. »