(Montréal) L’assurance-emploi, telle que modifiée par le budget Freeland déposé lundi, rendra le régime plus accessible, mais pas nécessairement plus généreux pour les chômeurs.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

C’est ce qu’estime le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), qui réunit plusieurs groupes de défense des droits des chômeurs.

Le MASSE se réjouit du fait qu’Ottawa établisse désormais un seuil d’admissibilité universel de 420 heures au régime d’assurance-emploi. Et Ottawa le fait sans faire référence au taux de chômage dans la région du prestataire.

Toutefois, la durée des prestations, elle, dépendra du taux de chômage régional et du nombre d’heures de travail, a souligné en entrevue mardi Kim Bouchard, présidente du MASSE.

« Effectivement, on facilite l’accès aux prestations. Donc, pour tout le monde, qu’importe le lieu de résidence, avec 420 heures, on va pouvoir accéder à une protection en cas de chômage. Au minimum, les gens vont recevoir 14 semaines de prestations. Et le nombre de semaines de prestations va varier, comme c’était le cas avant, en fonction du taux de chômage et du nombre d’heures travaillées. Donc, plus je travaille d’heures, plus le taux de chômage est élevé, plus je vais avoir droit à des semaines de prestations », a résumé Mme Bouchard.

Dans son budget, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé une série de modifications législatives pour rendre l’assurance-emploi « plus accessible et plus simple au cours de la prochaine année », alors que le marché du travail commence à prendre du mieux dans le contexte de la pandémie de la COVID-19.

Mme Bouchard nourrit cependant des craintes pour les travailleurs à temps partiel, qui auront plus de difficulté à accumuler ces 420 heures. Le MASSE revendiquait une « norme hybride » pour répondre aux besoins de cette catégorie de travailleurs également.

Ils sont nombreux dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, rappelle Mme Bouchard, en soulignant qu’une grande proportion sont des femmes. Et les femmes, comme les jeunes, ont d’ailleurs été davantage frappées par les pertes d’emplois engendrées par la pandémie de la COVID-19.

Prestations de maladie

Par ailleurs, la Société canadienne du cancer s’est réjouie de l’augmentation des prestations de maladie de 15 à 26 semaines pour les travailleurs qui doivent suivre des traitements.

La vice-présidente Kelly Masotti y voit « une étape importante » qui « aura un impact déterminant dans la vie des personnes atteintes de cancer ».

La Société canadienne du cancer note que les deux cancers les plus souvent diagnostiqués, à savoir ceux du sein et du côlon, supposent un traitement de 26 à 37 semaines.