Un an après le début de la crise du coronavirus, le Québec a retrouvé 96,8 % des emplois disparus et le taux de chômage le plus bas au Canada, à 6,4 %.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Grâce à la réouverture des commerces non essentiels à partir du 8 février, le Québec a dominé le marché du travail en février avec la création de 112 600 emplois, selon l’enquête de Statistique Canada qui a été réalisée dans la semaine du 14 février. Le taux de chômage a chuté de 2,4 %.

La hausse des emplois en février arrive après deux mois de recul, en décembre et en janvier. Ce sont surtout des emplois à temps partiel et en grande partie dans le commerce de détail.

« Les gains se poursuivront en mars », prévoit Joëlle Noreau, économiste principale de Desjardins, pour refléter le déconfinement qui se poursuit tant au Québec qu’en Ontario.

À 6,4 %, le taux de chômage québécois de février reste plus élevé qu’il y a un an, alors qu’il était de 5,5 %. Mais les dommages sont limités, indique l’Institut du Québec dans son analyse publiée vendredi. « Le Québec fait preuve de résilience avec une baisse limitée de l’emploi chez le principal groupe de travailleurs, les 25 à 54 ans. »

La baisse de l’emploi chez les 25 à 54 ans a été de 1,4 %, comparativement à 11,8 % chez les 15 à 24 ans et 2,9 % chez les 55 ans et plus.

Le Québec se remet plus rapidement de la COVID-19 que l’Ontario, indiquent aussi les statistiques de février. Depuis un an, avec des hauts et des bas, le niveau d’emploi est actuellement à 96,8 % de ce qu’il était en février 2020, comparativement à 95,9 % en Ontario.

Cette récupération est toutefois très inégale. Certains secteurs d’activité comptent plus d’emplois qu’avant la pandémie, tandis que d’autres accusent un retard important (voir tableau).

Le taux de chômage dans la région de Montréal a légèrement baissé en février, de 8,5 % à 8,2 %. Il était inchangé à Toronto, à 11 %.

Retour à la normale

Si on exclut les secteurs les plus touchés par les restrictions sanitaires, le niveau d’emploi est revenu à ce qu’il était il y a un an au Canada, soulignent les économistes de la Banque Nationale Matthieu Arseneau et Camille Bergeron.

Des jours meilleurs sont encore à venir, selon eux, parce que l’économie canadienne profitera du plan de relance qui vient d’être adopté par l’administration Biden. Une augmentation des exportations et une hausse du prix des matières premières, notamment, sont à prévoir.

L’économie canadienne a créé 259 000 emplois en février, ce qui est très supérieur aux attentes des économistes. Il s’agit surtout d’emplois dans le secteur privé et à temps partiel (171 000), mais le travail à temps plein a aussi augmenté (88 000). En février, l’emploi à temps plein a augmenté pour le 10e mois d’affilée.

Le taux de chômage a diminué de 1,2 point de pourcentage, pour s’établir à 8,2 %, son niveau le plus bas depuis mars 2020.

Le portrait du marché du travail s’est aussi embelli quant au nombre d’heures travaillées, qui a augmenté de 1,4 % en février, et au nombre de chômeurs de longue durée (27 semaines ou plus), qui a diminué de 49 000.

Même les secteurs les plus touchés par la pandémie ont commencé à se redresser. L’emploi dans le secteur de l’hébergement et de la restauration a augmenté de 7,8 %, et le nombre d’emplois dans le secteur de la culture et des loisirs s’est stabilisé après plusieurs mois de baisse. Statistique Canada souligne que les emplois créés au Canada en février, dont 112 600 au Québec, sont surtout des emplois payés 17,50 $ l’heure ou moins.

Avec les vaccins et la levée graduelle des restrictions, ces secteurs affligés pourraient rebondir fortement au deuxième trimestre, croient les économistes de la Banque Nationale.