(Ottawa) Le Parti conservateur presse le gouvernement Trudeau d’inclure dans son prochain budget des mesures de soutien aux travailleurs œuvrant dans les secteurs qui ont été les plus durement touchés durant la pandémie tels que l’hôtellerie, le tourisme et le secteur de la bienfaisance.

Publié le 9 mars 2021
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Mais les troupes d’Erin O’Toole se montrent peu favorables à une aide directe aux compagnies aériennes. Les conservateurs croient que le gouvernement fédéral doit s’en tenir à des prêts remboursables, à condition que les compagnies remboursent les consommateurs pour les billets d’avion qui n’ont pu être utilisés à cause de la pandémie, qu’elles rétablissent des liaisons régionales et qu’elles s’engagent à protéger les emplois.

M. O’Toole fera connaître certaines des demandes budgétaires de son parti mardi alors que la ministre des Finances Chrystia Freeland continue de plancher sur son budget — le premier que présentera le gouvernement Trudeau en plus de deux ans.

Le chef conservateur précisera ces demandes durant une conférence de presse visant à confirmer que son parti utilisera la journée de l’opposition de mardi pour forcer la tenue d’un débat sur les meilleures options budgétaires à adopter pour soutenir les travailleurs et les familles et relancer l’économie canadienne.

Au moment où la campagne de vaccination prend son envol et que les provinces procèdent à un relâchement des mesures de confinement, le Parti conservateur juge aussi qu’Ottawa doit donner un coup de pouce aux nombreuses petites et moyennes entreprises qui peinent à se maintenir à flot.

Il demande ainsi au gouvernement Trudeau de mettre en œuvre « des programmes de soutien améliorés, y compris du crédit pour les petites et moyennes entreprises qui soit accessible dans les 30 jours de l’adoption de cette motion afin de prévenir une vague de faillites et de mises à pied », peut-on lire dans la motion qui sera débattue mardi à la Chambre des communes.

Le Parti conservateur devient ainsi la troisième formation politique à formuler ses demandes en vue du prochain budget. Étant à la tête d’un gouvernement minoritaire, le premier ministre Justin Trudeau aura besoin de l’appui d’un autre parti politique pour faire adopter le budget. Le rejet du budget par les trois partis de l’opposition forcerait la tenue d’élections fédérales.

La date de la présentation du budget demeure inconnue. Mais la bureau de la ministre Chrystia Freeland a confirmé les informations rapportées lundi par le quotidien The Globe and Mail selon lesquelles le budget ne sera pas déposé en mars.

« Le gouvernement fédéral continue d’évaluer l’impact économique qu’ont les confinements régionaux, l’émergence de nouveaux variants du virus, et le rythme accéléré de la vaccination. Nous sommes reconnaissants aux Canadiens d’avoir participés en grand nombre aux consultations prébudgétaires. Bien que nous ne planifions pas un budget au mois de mars, nous avons hâte d’en présenter un ce printemps. La date sera annoncée en temps voulu », a indiqué l’attachée de presse de la ministre, Katherine Cuplinskas, dans un courriel à La Presse.

Le bureau de la ministre Freeland s'est par ailleurs montré peu impressionné par les demandes budgétaires des conservateurs.

« C’est ironique que les conservateurs veulent introduire cette motion seulement un jour après qu’ils aient voté contre le projet de loi de l’énoncé économique de l’automne, qui apporterait un soutien financier urgent aux petites entreprises, aux familles avec des enfants, aux établissements de soins de longue durée et à l’effort canadien de vaccination. Ce que les conservateurs proposent sont des mesures que notre gouvernement a créées l’année dernière », a affirmé l'attachée de presse de Mme Freeland.