(Ottawa) Le Bloc québécois veut voir Ottawa dépenser plus de 35 milliards en 2021-2022 pour aider les aînés, augmenter les transferts en santé aux provinces et encourager une relance verte.

Lina Dib
La Presse Canadienne

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a annoncé ses demandes au gouvernement Trudeau, lors d’une conférence de presse, mercredi après-midi.

Il était accompagné du député Gabriel Ste-Marie.

« L’ensemble des mesures est ici chiffré et puis on arrive […] à 35,6 milliards la première année. Puis on va chercher 9,6 milliards de revenus additionnels », a exposé le député.

La grande part des dépenses réclamées « s’explique essentiellement […] par les transferts en santé ».

Dans un document publié mercredi, les bloquistes reviennent donc à la charge, comme le font régulièrement les provinces, pour demander une augmentation de 35 % des transferts en santé.

Dans leur liste de demandes aussi : une augmentation des prestations de la sécurité de vieillesse, maintes fois réclamée ; la création de plusieurs crédits d’impôt dont un pour l’installation de l’internet chez les gens âgés de 65 ans et plus ; des brise-glace pour le chantier naval Davie ; des fonds pour l’électrification des transports ; et 4,3 milliards sur cinq ans pour la construction de 110 000 logements dans les communautés des Premières Nations du Québec et des Inuits du Nunavik.

Pour éviter « une pandémie de faillites », après la pandémie de COVID-19, les bloquistes veulent que les programmes fédéraux de subvention salariale et d’aide pour les loyers commerciaux soient maintenus, « aussi longtemps que nécessaire ».

Les bloquistes réclament aussi que le gouvernement, dans son prochain budget, se montre patient avec les entreprises qui se sont endettées pendant la pandémie en pigeant dans des programmes fédéraux de garanties de prêts. Le Bloc veut un sursis pour les remboursements éventuels qui seraient alors sans intérêts et sans pénalités.

Si le Bloc québécois offre beaucoup de détails sur ses attentes, le Parti conservateur a un discours moins précis, pour le moment.

Mardi, invité à dire ce qu’il voudrait voir dans le prochain budget fédéral, le chef conservateur Erin O’Toole s’est contenté d’attaquer Justin Trudeau.

« Le Canada est à la croisée des chemins », selon M. O’Toole.

« M. Trudeau veut réimaginer notre économie et choisir quels emplois et quels secteurs il appuie. C’est le mauvais chemin. Nous avons besoin de favoriser la création d’emplois dans chaque secteur, dans chaque partie du pays », a-t-il plaidé.

« C’est ce que les Canadiens veulent voir, pas (une économie) réimaginée (parce que) Ottawa sait tout », a-t-il lancé.

Mercredi, le premier ministre semblait trop heureux de saisir l’occasion d’en débattre.

« Il y a de grandes différences de perspective dans les différents partis politiques par rapport à comment on devrait relancer l’économie et comment on va se préparer pour les années à venir, a-t-il dit. Et c’est justement un débat extrêmement important dans lequel j’espère que tous les Canadiens vont être impliqués au cours des prochains mois, au cours de l’année qui vient. »

De quoi alimenter les scénarios d’une élection fédérale plus tôt que tard.

On ignore encore la date où la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, déposera son premier budget. Le document doit recevoir l’appui d’au moins un des partis d’opposition pour que le gouvernement libéral minoritaire se maintienne au pouvoir.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a déjà signalé qu’il n’a pas l’intention de provoquer la chute du gouvernement libéral.