(Montréal) Le Québec affiche une perte nette de 208 500 emplois en 2020, rapporte lundi l’Institut de la statistique du Québec.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Il s’agit d’une moyenne des 12 mois de l’année 2020 comparée à une moyenne pour l’année précédente, a précisé en entrevue lundi Luc Cloutier-Villeneuve, analyste en statistiques du travail à l’ISQ.

« C’est une décroissance historique. L’effet pandémie ici a joué un rôle majeur inévitable, étant donné les industries qui ont été au ralenti ou même fermées. C’est un phénomène exceptionnel », a résumé M. Cloutier-Villeneuve.

Effectivement, les secteurs les plus touchés sont l’hébergement et la restauration, qui affichent une perte de 80 900 emplois. Viennent ensuite les secteurs du commerce, avec une perte nette de 56 000 emplois, et des arts, spectacles et loisirs avec une perte nette de 18 600 emplois.

Femmes

L’ISQ confirme par ailleurs que les catégories de travailleurs les plus touchés ont été les femmes et les jeunes de 15 à 24 ans.

De prime abord, cela peut paraître étonnant que les femmes aient été aussi touchées, puisqu’elles occupent en plus grande proportion des emplois dans la santé et l’éducation — des secteurs qui ont été préservés par les pertes d’emplois.

Mais elles occupent également beaucoup d’emplois dans des secteurs comme le commerce de détail et dans l’hébergement et la restauration. Et ce sont des secteurs qui ont été durement frappés par les pertes d’emplois, a expliqué M. Cloutier-Villeneuve.

Salaires élevés en hausse

M. Cloutier-Villeneuve a fait ressortir un phénomène intéressant : « il y a eu de grosses pertes d’emplois dans les bas salaires et des hausses d’emplois importantes dans les hauts salaires ».

Ainsi, il y a eu plus de pertes dans les emplois à moins de 20 $ l’heure, pendant que les emplois à 30 $ l’heure et plus ont crû, au contraire.

Et ce phénomène a touché les femmes avec encore plus d’acuité. « Les femmes ont été à la fois très responsables des pertes et très responsables des gains d’emplois », résume M. Cloutier-Villeneuve.

« Environ les deux tiers des emplois de 30 $ et plus qui se sont ajoutés, au net, ce sont les femmes qui en ont bénéficié. »

Ailleurs au pays

Malgré les critiques qu’on entend, le Québec est loin d’être le plus durement touché au pays. Le Canada affiche une perte nette de 986 400 emplois pour l’année. Les provinces les plus durement frappées sont l’Alberta, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador.

« On est en milieu de peloton, dans la moyenne, je dirais. Le Québec se compare à l’Ontario », résume M. Cloutier-Villeneuve.