Les grands consommateurs industriels d’électricité du Québec réclament une baisse ou au moins un gel de leurs tarifs d’électricité pour maintenir leur position concurrentielle.

Publié le 15 févr. 2021
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Le prix de l’énergie montre une tendance à la baisse dans le secteur industriel aux États-Unis, ce qui rend le tarif applicable aux grandes entreprises (tarif L) de moins en moins avantageux face à la concurrence, plaide l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité devant la Régie de l’énergie.

Décision de la Régie d’ici peu


La Régie doit décider dans les prochains jours quelle est la hausse qui s’appliquera aux grands consommateurs d’électricité. La loi 34 qui a modifié la méthode de fixation des tarifs d’électricité prévoit que les hausses annuelles équivaudront au taux d’inflation pour tous les clients d’Hydro-Québec, à l’exception des grandes entreprises dont le tarif est fixé par la Régie.


Hydro-Québec a déjà annoncé que les tarifs résidentiels augmenteront de 1,3 % à compter du 1er avril. Pour les grandes entreprises, la Régie doit tenir compte dans sa décision du maintien de la compétitivité du prix de l’électricité dans le secteur industriel.


La baisse du prix du gaz naturel, qui se maintient à un bas niveau historique depuis plusieurs années, a érodé la compétitivité du tarif L comparativement au coût de l’énergie dans le secteur industriel aux États-Unis, fait valoir le président de l’AQCIE, Jocelyn Allard.


Selon lui, le tarif L devrait être réduit pour refléter cette réalité.

Nous avons soumis à la Régie qu’une baisse de plus de 5 % du tarif L serait requise pour ramener le ratio du tarif L, par rapport au tarif moyen des états américains, à celui de 2019.

Jocelyn Allard, président de l’AQCIE

À défaut d’une réduction, les entreprises sont en droit de s’attendre à ce que le tarif L reste inchangé en 2021, plaide leur représentant.


Les grands consommateurs industriels contestent d’ailleurs le calcul du taux d’inflation effectué par Hydro-Québec, qui a servi à justifier la hausse de 1,3 % pour tous les autres consommateurs québécois qui s’appliquera le 1er avril.


Selon l’AQCIE, la société d’État s’est servie des indices mensuels d’inflation alors qu’elle aurait dû calculer la variation annuelle de l’indice des prix à la consommation. Cette variation annuelle a été nulle, et donc les tarifs d’électricité ne devraient pas augmenter en 2021 pour aucun des clients d’Hydro-Québec, soutiennent les grands consommateurs industriels.