(New York) JPMorgan et Citi ont publié des résultats contrastés à la fin d’une année 2020 chahutée par la pandémie, mais les banques américaines ont fait preuve d’un certain optimisme pour les mois à venir, entre le vaccin et les nouvelles aides du gouvernement.

Juliette MICHEL
Agence France-Presse

Après avoir gonflé de milliards de dollars les sommes mises de côté pour faire face aux potentiels défauts de paiement de clients affectés par la pandémie, les deux banques ont réduit leurs provisions au quatrième trimestre : de 1,9 milliard chez JPMorgan, de 46 millions chez Citi.  

« On devrait encore avoir deux trimestres de données économiques nébuleuses, on a encore 4000 personnes qui meurent chaque jour (de la COVID-19), beaucoup de souffrance pour les chômeurs et les petites entreprises », a souligné Jamie Dimon, le patron de JPMorgan Chase, lors d’une conférence téléphonique. « Mais espérons-le, cet été, on pourra avoir une économie très saine », a-t-il ajouté.  

« On voit des signes positifs dans les indicateurs », a estimé de son côté le directeur financier de Citi, Mark Mason.  

« Et il y a bien sûr plus de certitudes », a-t-il relevé en mentionnant l’arrivée de plusieurs vaccins contre la COVID-19, l’élection désormais confirmée d’un nouveau président américain, le plan d’aide à l’économie adopté par le Congrès fin 2020 et celui présenté jeudi soir par Joe Biden.  

D’un montant de 1900 milliards de dollars, ce dernier devrait aider aussi bien les familles que les petites entreprises, faciliter la réouverture des écoles comme la vaccination contre la COVID-19.  

Par ailleurs, « les gens ont économisé beaucoup d’argent » en 2020, a souligné M. Dimon. Une fois la confiance revenue, « cela devrait alimenter une demande importante ».

Chez Citigroup par exemple, le montant des prêts accordés par la banque était fin décembre inférieur de 3 % à fin 2019, tandis que les dépôts avaient augmenté de 20 %.

La prudence reste de mise toutefois : JPMorgan Chase conserve encore plus de 30 milliards de dollars de côté au vu de « l’incertitude économique importante à court terme », a souligné M. Dimon.  

Les banques ont prévenu qu’elles pourraient faire face à une montée des défauts de paiement une fois que les aides gouvernementales cesseront.

Bénéfice record

En attendant, JPMorgan a dégagé un bénéfice record au quatrième trimestre en gagnant 12,1 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 29,2 milliards de dollars.

Sur l’ensemble de l’année, JPMorgan Chase a dégagé un bénéfice net de 29,1 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 119,5 milliards de dollars.  

Citigroup a de son côté observé un repli de son chiffre d’affaires de 10 % au quatrième trimestre, ce qui a pesé sur son bénéfice net (-7 % à 4,6 milliards de dollars).  

L’établissement a vu son chiffre d’affaires se stabiliser en 2020 et son bénéfice net chuter de 41 % à 11,4 milliards de dollars.

Les deux établissements ont profité de la bonne santé des marchés financiers et d’une salve d’introductions en Bourse : le bénéfice de leurs divisions de banque d’affaires et d’investissement a bondi de 82 % chez JPMorgan Chase, de 27 % chez Citigroup.  

L’activité de banque de détail a en revanche peiné : le revenu tiré de cette division a reculé de 8 % chez JPMorgan Chase, de 14 % chez Citi.  

Autre grande banque américaine, Wells Fargo est parvenue à dégager un bénéfice en hausse de 4 % au quatrième trimestre, à 2,99 milliards de dollars, mais son chiffre d’affaires a aussi reculé de 10 % du fait de la pandémie et des bas taux d’intérêt. L’activité bancaire pour les comptes personnels et ceux des PME a notamment accusé un recul de 8 %.

La banque a aussi réduit les sommes mises de côté en cas d’impayés, de 823 millions, mais c’est principalement en raison de la vente de son portefeuille de prêts étudiants.

À Wall Street, JPMorgan Chase reculait de 1,2 % à la mi-séance, Citigroup de 6,2 % et Wells Fargo de 6,9 %.

Les investisseurs digèrent « le fait que le quatrième trimestre était encore compliqué, en particulier du côté des prêts bancaires, en particulier pour les consommateurs », a souligné Kenneth Leon, spécialiste du secteur pour CFRA. « Les ménages font plus attention. Ils sont inquiets pour leur travail, pour leur futur, même si la Bourse ne l’est pas. »

Les titres bancaires ont aussi récemment regagné pas mal de terrain après s’être effondrés au début de la pandémie. L’action de JPMorgan s’affichait ainsi jeudi soir en hausse de 52 % depuis septembre.