(Washington) Les femmes, principales victimes de la crise économique aux États-Unis, sont au cœur du nouveau plan de relance d’urgence de 1900 milliards de dollars présenté jeudi par le futur président Joe Biden.

Delphine TOUITOU
Agence France-Presse

Occupant massivement des emplois dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, des secteurs directement touchés par les mesures de restrictions pour endiguer la pandémie de COVID-19, les femmes sont aussi celles qui assument le plus souvent la garde des enfants à la maison alors que nombre d’écoles et de garderies sont portes closes depuis bientôt un an.

« Le plan d’urgence comprend un accès abordable aux garderies. Cela permettra aux parents, en particulier aux femmes, de retourner au travail », a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse depuis son fief de Wilmington.

Plus tôt, deux hauts responsables de la future administration Biden avaient indiqué que des chèques de 1400 dollars seraient envoyés aux ménages modestes.

Ce plan inclut « également des ressources supplémentaires pour garder les garderies ouvertes dans de bonnes conditions de sécurité, ainsi que pour rendre les garderies financièrement plus abordables », avait expliqué un de ces responsables à des journalistes.

« C’est l’une des mesures les plus importantes que nous puissions prendre à l’heure actuelle pour aider à faire garder les enfants dans des environnements de travail sûrs et aider les parents à retourner au travail, et pour remédier en particulier à l’impact négatif de plus en plus préoccupant de (la diminution de) la participation des femmes au marché du travail », avait-il ajouté.  

En décembre, 140 000 emplois ont été détruits aux États-Unis, occupés à 100 % par des femmes, selon The National Women’s Law Center, une organisation luttant pour l’égalité entre les genres.

Crédit d’impôt

L’accès limité aux services de garde pendant la pandémie a poussé de nombreuses femmes à quitter leur emploi. D’autres ont renoncé à chercher un nouveau travail. Nombre d’entre elles ont ainsi tout simplement disparu des chiffres du chômage.

Dans le plan d’aide de 900 milliards de dollars, voté en décembre, une enveloppe de 10 milliards de dollars était déjà consacrée à la garde d’enfants.

Cette fois, l’administration Biden propose une rallonge de 15 milliards de dollars.  

Depuis des mois, les économistes déplorent le fait que les femmes paient le plus lourd tribut dans cette crise.

L’administration Biden souhaite en outre s’attaquer aux coûts exorbitants des garderies aux États-Unis, alors que la plupart des écoles publiques n’accueillent les enfants qu’à partir de l’âge de 5 ans.

Le futur président va ainsi appeler le Congrès à « étendre les crédits d’impôt pour frais de garde d’enfants sur la base d’un an ».

« Les familles recevront en crédit d’impôt jusqu’à la moitié de leurs dépenses pour la garde d’enfants de moins de 13 ans, de sorte qu’elles puissent recevoir jusqu’à 4000 dollars pour un enfant ou 8000 dollars pour deux enfants ou plus », selon le document détaillant le plan de 1900 milliards de dollars.  

Ces sommes seront directement versées de manière à ce que les familles payant peu d’impôts puissent tout de même en bénéficier.

Le remboursement complet de 50 % des frais de garde sera possible pour les familles gagnant moins de 125 000 dollars par an. Celles gagnant entre 125 000 et 400 000 dollars recevront un crédit partiel.

Ouvrir les écoles

Le corollaire de ces mesures est de fournir une aide financière aux écoles pour accélérer leur réouverture.

De nombreux établissements n’ont pas pu mettre en place les mesures sanitaires requises par les autorités pour rouvrir leurs portes. Les enseignants rechignent aussi à revenir travailler faute de garanties sanitaires suffisantes.

Résultat : une myriade d’écoles primaires, secondaires, de collèges et d’universités sont fermés depuis le 16 mars 2020.

Le nouveau plan prévoit 170 milliards d’aides aux établissements scolaires, dont 130 milliards de dollars pour une « réouverture en toute sécurité ».  

« Ces fonds peuvent être utilisés pour réduire la taille des classes et modifier les espaces afin que les élèves et les enseignants puissent respecter la distance sociale, améliorer la ventilation, embaucher plus de personnes, fournir un équipement de protection individuelle, s’assurer que chaque école ait accès à une infirmière », détaille le document.

Cet argent pourrait aussi être utilisé pour du soutien scolaire alors que l’école virtuelle a aggravé les inégalités.