(Ottawa) Les ventes d’habitations au Canada ont plongé à des niveaux jamais vus en près de 40 ans en avril, lorsque la pandémie de COVID-19 a forcé des mesures de distanciation et engendré une incertitude économique.

La Presse canadienne

Selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les ventes de maisons en avril ont diminué de 57,6 % par rapport au même mois de l’année précédente pour s’établir à 20 630 transactions, et de 56,8 % par rapport au mois de mars, les vendeurs et acheteurs étant restés chez eux.

Le niveau d’activités a été le plus faible pour un mois d’avril depuis 1984.

« Jamais dans notre histoire récente nous n’avons dû composer avec les effets généralisés d’une pandémie, qui bouleversent le quotidien de tout le monde et nous forcent à changer de cap et à nous ajuster à notre nouvelle réalité », a affirmé dans un communiqué le président de l’ACI, Costa Poulopoulos.

L’activité a diminué de 66,2 % dans la région du Grand Toronto, de 57,9 % dans le Grand Vancouver, de 51,5 % à Ottawa et de 42 % à Winnipeg.

La baisse globale a largement surpassé la baisse annuelle record de 46,7 % enregistrée en avril 1982, a souligné Brian DePratto, un économiste principal de la Banque TD, dans une note.

« Les données d’avril ont confirmé ce que nous attendions tous, à savoir que la pandémie a fait reculer les ventes à des niveaux historiquement déprimés. »

M. DePratto a observé que les marchés commençaient cependant à montrer des signes de reprise.

« Nous prévoyons que les ventes resteront déprimées pendant quelques mois de plus, alors que les marchés du travail s’améliorent lentement et que les acheteurs restent prudents, mais un processus de normalisation est probablement déjà en cours. »

L’ACI a également indiqué que les ventes semblaient avoir déjà commencé à reprendre en mai, soutenue par des outils de visualisation virtuels qui simplifient l’achat et la vente à distance.

Le nombre de nouvelles inscriptions s’est établi à 35 795 en baises de 59,5 % par rapport à l’année précédente, et il a reculé de 55,7 % par rapport au mois de mars.

Malgré la baisse des nouvelles inscriptions, le niveau de maisons inscrites à la vente a bondi à 9,2 mois en avril, comparativement à 4,3 mois en mars. Ceci s’explique par le fait que les anciennes inscriptions sont demeurées actives pendant que les ventes chutaient.

La baisse des nouvelles inscriptions a également maintenu le rapport ventes aux inscriptions à un niveau normalement considéré comme favorable aux vendeurs, à 62,4 %, mais Robert Kavcic, économiste principal à la Banque de Montréal, a noté que de tels indicateurs n’étaient pas aussi utiles dans la situation actuelle.

« Lorsque le marché est essentiellement gelé, ces mesures deviennent un peu moins fiables », a-t-il souligné dans une note.

Il a ajouté qu’il faudrait maintenant voir comment le marché évoluerait avec le retour de l’activité ; si les programmes de soutiens fédéraux et hypothécaires étaient suffisants pour limiter les ventes forcées ; et si les investisseurs chercheraient à se retirer du marché.

« Ce sera une course entre les ventes et les inscriptions pour déterminer comment l’équilibre du marché se formera et où les prix évolueront à court terme. »

Jusqu’à maintenant, les prix n’ont pas beaucoup bougé. Le prix de référence composé a diminué de 0,6 % en avril par rapport à mars, enregistrant sa première baisse mensuelle depuis mai dernier, mais il est toujours en hausse de 6,4 % sur une base annuelle.

Certaines régions ont encore enregistré des hausses de prix d’un mois à l’autre dans l’indice, notamment Ottawa et certaines parties du sud-ouest de l’Ontario, mais le Grand Toronto et une grande partie de l’Ouest canadien ont connu des baisses.

Le prix moyen national des maisons vendues en avril était d’un peu plus de 488 000 $, en baisse de 1,3 % par rapport au même mois l’an dernier. En excluant les marchés à prix élevés de Toronto et de Vancouver, le prix moyen était inférieur à 392 000 $.