(Montréal) Les restaurateurs du Québec sont impatients de retrouver leur clientèle en salle à manger, selon les résultats d’un récent sondage mené par l’Association Restauration Québec.

La Presse canadienne

En effet, la grande majorité des répondants (72 %) ont dit souhaiter rouvrir, même s’ils doivent réduire de 50 % la capacité réelle de leur salle à manger.

À défaut de pouvoir le faire, plus de 60 % des exploitants jugent que leur établissement ne pourra survivre financièrement au-delà de 6 mois.

67 % des restaurateurs ont manifesté une grande inquiétude quant à leur capacité de payer le loyer, leurs fournisseurs et leurs employés au cours des prochaines semaines.

Au total, 39 % croient avoir besoin d’une capacité d’accueil à 75 % pour qu’une réouverture soit viable, alors que 22 % affirment qu’une capacité de 60 % serait suffisante.

Une fois ce seuil de capacité identifié pour un minimum de rentabilité, ils sont seulement 29 % à penser qu’ils tiendraient le coup entre six mois et un an, 22 % entre trois et six mois, et 14 % moins de 3 mois. À l’opposé, seuls 27 % des restaurateurs se disent capables de poursuivre leurs activités à ce rythme, passé le cap d’un an.

Près de la moitié des répondants, soit 48 %, ont mis en place un service de livraison ou de mets à emporter durant la crise, mais ces ventes n’auront généré qu’au plus 30 % des revenus habituels pour 76 % des établissements demeurés ouverts.

Afin de faire face à la situation actuelle, les restaurateurs comptent, à court ou moyen terme, apporter des changements à leur modèle d’affaires, soit en développant ou en augmentant l’offre de mets à emporter (56 %), en développant ou en consolidant les commandes en ligne (34 %) ou un service de livraison (31 %).

« (Les gestionnaires de la restauration du Québec) sont très inquiets et vivent une situation économique particulièrement difficile qui perdurera pour plusieurs mois encore. Dans les circonstances, il est nécessaire que les entreprises de restauration puissent avoir droit à de l’aide financière directe des gouvernements », a indiqué François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’ARQ.

Les restaurateurs sont nombreux à avoir utilisé une ou plusieurs mesures d’aide offertes par les gouvernements provincial et fédéral. La plus populaire a été le Compte d’urgence pour les entreprises (prêt de 40 000 $), qui a été demandé par plus de 80 % des personnes sondées, suivi par la Prestation canadienne d’urgence (PCU), dans 46 % des cas. L’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) n’avait été utilisée que par près de 15 % des restaurateurs au moment du sondage.

L’enquête a été réalisée par internet, du 6 au 11 mai 2020.