Chute massive des ventes et des nouvelles inscriptions immobilières en avril à Montréal en raison de la crise sanitaire, mais les prix tiennent bon.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Ce sont 1890 ventes ont été enregistrées au cours du mois d’avril 2020, soit une baisse spectaculaire de 68 % par rapport au même mois l’an dernier. Il s’agit de la première baisse après 61 hausses mensuelles consécutives, causée par la mise à l’arrêt de l’économie.

Les données proviennent de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) qui vient de publier les plus récentes statistiques du marché immobilier résidentiel de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, établies d’après la base de données provinciale Centris des courtiers immobiliers.

« Les conséquences des mesures prises par les autorités pour ralentir la propagation de la COVID-19 se sont répercutées sur le nombre de transactions résidentielles en avril dans la RMR de Montréal », dit Julie Saucier, présidente et chef de la direction de l’APCIQ, dans un communiqué.

« Cette chute des ventes n’est toutefois pas venue ralentir la progression rapide des prix alors que bon nombre de transactions se sont négociées dans un contexte de financement très favorable aux acheteurs et dans un marché aux conditions toujours extrêmement tendues. Les nouvelles inscriptions ont chuté aussi vite que les transactions en avril », ajoute-t-elle.

Portrait par secteurs

Tous les secteurs géographiques de la RMR ont subi une glissade des ventes en avril. Vaudreuil-Soulanges (-74 %), Saint-Jean-sur-Richelieu et l’île de Montréal (-71 %) ainsi que Laval et la Rive-Sud (-69 %) ont enregistré les plus fortes chutes de ventes. La Rive-Nord s’est distinguée avec un recul légèrement moins important de son activité (-61 %).

À l’échelle de la RMR, l’amplitude de la chute du nombre de transactions a été du même ordre pour chacune des catégories de propriétés, soit de -67 % pour le plex (161 ventes), -68 % pour la maison unifamiliale (1048 ventes) et -69 % pour la copropriété (675 ventes).

Des prix en hausse malgré tout

Toujours à l’échelle de la RMR, le prix médian des copropriétés a enregistré un nouveau bond avec une hausse de 12 %, à 289 900 $. Pour sa part, le prix médian des plex de deux à cinq unités s’est établi à 595 000 $ (+10 % en un an). Le prix médian des maisons unifamiliales a quant à lui encore progressé, atteignant 360 000 $ (+9 %).

En avril, on dénombrait 13 106 propriétés à vendre dans la RMR de Montréal, soit 38 % de moins qu’à pareille date l’année dernière. « Cette baisse et cette faiblesse record du nombre d’inscriptions en vigueur depuis septembre 2003 s’expliquent par une chute massive des nouvelles inscriptions en avril (74 %), qui traduit l’attentisme des vendeurs et le report des mises en marché », soutient APCIQ.