Les exportations et les importations du Canada ont brutalement freiné en mars en raison de l’arrêt de l’activité économique au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Selon Statistique Canada, les exportations de biens ont reculé de 4,7 % en mars et les importations ont diminué — un peu moins — de 3,5 %. Le solde commercial du côté des marchandises s’est donc légèrement creusé et a atteint 1,4 milliard.

« Si on veut voir un côté rassurant aux chiffres du commerce extérieur de mars, c’est qu’à la fois les exportations et les importations ont baissé, ce qui fait que le solde commercial ne s’est pas trop détérioré », estime Benoit Durocher, économiste principal de Desjardins.

Mais comme ces chiffres ne reflètent que la moitié d’un mois d’arrêt de l’économie, ceux d’avril risquent d’être bien pires, ajoute-t-il.

Les statistiques de mars indiquent un ralentissement marqué des échanges avec les États-Unis, le principal partenaire commercial du Canada. Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont reculé de 4,9 % et les importations ont diminué de 5,1 %. L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est établi à 3,9 milliards, pratiquement inchangé par rapport à février.

En mars, les exportations de tous les biens produits par le Canada ont reculé, à l’exception des produits du secteur de l’alimentation.

Les baisses les plus marquées se retrouvent dans le secteur de l’automobile et des pièces d’automobiles, de même que les avions et le matériel de transport, ce qui s’explique par les fermetures et les ralentissements dans les usines aux États-Unis.

Les exportations de pétrole ont aussi baissé considérablement, ce qui reflète la chute de la demande du secteur des transports. Les exportations de pétrole brut ont diminué de 7,9 % en mars. C’était avant la chute récente des prix, qui sera répercutée dans les statistiques d’avril.

Du côté des importations, les baisses se retrouvent dans les mêmes secteurs, soit les véhicules automobiles, les avions et le matériel de transport.

Le secteur des services a été frappé encore plus par les mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Comme il fallait s’y attendre, la valeur des exportations de services de transport a diminué de 7,2 % et celle des importations a chuté de 11,5 %.

Premier trimestre positif

Les chiffres du commerce extérieur pour le mois de mars viennent clore un premier trimestre positif à ce chapitre. Comme les importations ont diminué davantage que les exportations, ce bilan positif viendra atténuer un peu la chute du produit intérieur brut (PIB) prévu pour les trois premiers mois de l’année.

Cette chute s’annonce toutefois douloureuse. Statistique Canada prévoit une baisse de 10 % du PIB en rythme annualisé au premier trimestre de 2020.

Exceptionnellement, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié mardi ses prévisions pour le Québec, avant la publication des chiffres officiels. Le PIB du Québec devrait lui aussi plonger de 10 % en mars, selon l’ISQ. Tous les secteurs d’activité seront touchés, à l’exception de l’alimentation et de la santé.