Voyages annulés, frontière canado-américaine fermée, ouverture incertaine des camps de jour, de nombreuses familles québécoises se préparent à passer l’été dans leur cour. L’Association des commerçants de piscines du Québec (ACPQ) révèle que les ventes sont en forte hausse.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

« C’est en croissance exponentielle, c’est une année record en 10 ans », observe Alex Dubois, directeur de l’Association des commerçants de piscines du Québec, qui représente plus de 200 membres dans la province. Je pense que le budget voyage que les gens avaient vient de passer dans la cour. Comme on ne sait pas encore s’il va y avoir des camps et des activités sportives, les clients confinés veulent une activité familiale à faire à la maison avec les enfants. »

Ce sont principalement les ventes de piscines hors terre qui ont augmenté à cause de leur prix, en moyenne 5000 $, beaucoup plus abordable que celui des piscines creusées, pour lesquelles il faut investir au moins 30 000 $.

Alex Dubois, qui est aussi propriétaire de Piscine Solide, à Repentigny, affirme qu’il a triplé ses ventes comparativement à pareille date l’an dernier.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Alex Dubois, directeur de l’Association des commerçants de piscines du Québec et propriétaire de Piscine Solide

J’installe environ de 500 à 600 piscines par an. Cette année, avec une hausse de 30 à 40 %, l’objectif est à 1000 piscines. Nos équipes sont prêtes, mais on embauche aussi.

Alex Dubois, directeur de l’Association des commerçants de piscines du Québec et propriétaire de Piscine Solide

Explosion des ventes en ligne

Chez Club Piscine, les ventes en ligne ont explosé, affirme le président de la chaîne de magasins, Martin Rathé.

« On n’avait pas le droit d’accueillir de la clientèle en magasin, alors on a mis les demandes de soumission en ligne. Nos ventes ont explosé, soutient-il lors d’une entrevue téléphonique. Après trois semaines, on a eu plus de 2500 demandes de soumission. D’habitude, il y en a trois par année et il n’y a même pas autant de consommateurs quand les magasins sont ouverts. »

Le président de Club Piscine prévient toutefois la clientèle qu’elle devra être patiente. Le gouvernement du Québec a permis la réouverture des magasins et la reprise des services d’ouverture et d’installation de piscines, mais avec un protocole de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

On évalue que ça va prendre au moins 30 % plus de temps pour faire les installations de piscine, parce qu’on ne peut plus être un à côté de l’autre.

 Martin Rathé, président de Club Piscine

« Par le passé, quand on installait un filtreur, explique-t-il, on mettait deux employés, ça allait bien, mais cette année, l’employé va être seul. On fait des formations pour que les employés sachent comment travailler de façon sécuritaire avec le virus. »

Manque de main-d’œuvre

Avec cette hausse des ventes de piscines, les détaillants auront besoin de main-d’œuvre pour les installer. Certains nous ont confié que des employés avaient réclamé un salaire non déclaré afin de ne pas perdre leur Prestation canadienne d’urgence.

Du côté de Piscines Gratton, à Repentigny, ce sont des employés à temps partiel qui ont préféré ne pas revenir travailler cette saison.

« J’ai des étudiants qui sont plus payés assis chez eux avec la PCU à 2000 $ par mois alors que moi, je leur donnais 20 heures au salaire minimum, affirme le propriétaire Ludovic Archambault. Ils aiment mieux être assis et recevoir plus. C’est une réalité. »

« Je comprends aussi l’aide du gouvernement fédéral et je m’estime chanceux d’avoir d’autres employés qui acceptent de faire des heures même si c’est moins payant que la PCU », conclut-il.