Une volatilité historique et l’isolement découlant de la pandémie ont fait de mars un mois qui peut avoir semblé interminable, notamment pour certains investisseurs. Sans surprise, les titres québécois s’étant enfoncés en mars sont beaucoup plus nombreux que ceux ayant réalisé des gains.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

D’abord, les gagnants. L’action de l’épicier en ligne montréalais Marché Goodfood s’est appréciée de 34 % en mars, ce qui en a fait le refuge québécois par excellence du mois à la Bourse de Toronto.

La progression de 20 % de la biopharmaceutique lavalloise Bellus Santé est aussi à souligner. Même chose pour les gains de Cascades (+ 15 %), Lassonde (+ 10 %), Metro (+ 9 %) et Semafo (+ 5 %).

La plus forte baisse mensuelle a été enregistrée par le spécialiste montréalais des vélos et sièges d’auto pour enfants Dorel (- 60 %). Le franchiseur montréalais MTY a aussi été fortement secoué avec un recul de 58 % pour le mois. BRP (- 58 %), Air Canada (- 54 %), Bombardier (- 53 %), Résolu (- 53 %), Uni-Sélect (- 53 %), CAE (- 51 %), Reitmans (- 45 %) et Gildan (- 45 %) sont les autres grands perdants de mars au Québec.

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RBC estime que MTY pourrait suspendre son dividende étant donné que le franchiseur montréalais a annoncé le report de la perception des redevances versées par les franchisés. « Le niveau d’endettement de l’entreprise pourrait aussi amener la direction à vouloir préserver ses liquidités », souligne l’analyste Sabahat Khan dans un rapport publié lundi.

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Aux yeux de RBC, la Banque Laurentienne est la seule institution bancaire au pays dont les probabilités de maintenir le dividende ne peuvent être qualifiées d’« élevées ». « Compte tenu du ratio de distribution, la Laurentienne a relativement moins de marge de manœuvre pour gérer des pertes sur prêts et pourrait avoir plus de difficultés que les grandes banques à traverser une récession », explique l’analyste Darko Mihelic, dans une note envoyée en début de semaine.

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« Le marché n’a pas encore touché le fond », soutient l’analyste Scott Chan, de la firme Canaccord, dans un commentaire envoyé mardi à ses clients. « Dans ce contexte, je recommande aux investisseurs de surpondérer leur exposition au secteur bancaire canadien plutôt que le secteur des assureurs. » Si cet expert de l’industrie financière qualifie la Banque Nationale, la Royale, la TD, la Sun Life et la Great-West de « titres de grande qualité », son « top pick » dans le secteur bancaire reste la BMO.

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Maintenant que Desjardins a retiré mardi sa recommandation d’achat sur Hexo, il ne reste qu’un seul analyste qui suggère d’acheter le titre sur les 17 experts s’intéressant au producteur de pot de l’Outaouais. Le printemps passé, tous les analystes proposaient l’achat de l’action d’Hexo.

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Un mois après son entrée en bourse, GFL Environmental vient de recevoir ses premières recommandations d’analystes. Quatre des sept premiers à se prononcer suggèrent d’acheter. Le premier appel public à l’épargne que vient de réaliser le spécialiste ontarien de la gestion de déchets est un des plus importants jamais effectués au pays.

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Desjardins recommande dorénavant l’achat du titre de Lassonde. Dans un rapport publié au cours du week-end, Frédéric Tremblay justifie sa décision de trois façons. « La première a trait aux perspectives encourageantes, incluant une forte demande des consommateurs en raison des inquiétudes liées au virus. La deuxième est le modèle d’affaires résilient en cas de récession. Et la troisième raison est l’évaluation attrayante actuelle. »