(New York) Les prix du pétrole ont rebondi mardi alors que la Russie faisait toujours attendre sa décision sur une éventuelle réduction supplémentaire de production de brut au sein du groupe OPEP+ sur fond d’incertitudes persistantes sur les conséquences du coronavirus.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a gagné 74 cents, ou 1,4 %, pour finir à 54,01 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour mars s’est apprécié de 37 cents, ou 0,7 %, pour clôturer à 49,94 dollars.

Les cours avaient reculé lundi à leur plus bas niveau depuis fin 2018 pour le Brent, début 2019 pour le WTI.

Le rebond observé mardi « intervient alors que l’idée d’une réunion anticipée de l’OPEP “ où pourraient être décidées des coupes supplémentaires de l’ordre de 600 000 barils par jour, semble gagner du terrain », remarque Robbie Fraser de Schneider Electric.

L’OPEP+ réunit les quatorze membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres puissances pétrolières, dont la Russie. Ces pays sont liés depuis fin 2016 par un accord de limitation de leur production destiné à soutenir les cours du brut face à une offre abondante.

Mais ils peinent à trouver une réponse à l’épidémie de coronavirus à même de faire consensus.

Le comité technique conjoint (JTC) de l’OPEP+ réuni la semaine dernière a recommandé de prolonger l’accord de réduction de la production de pétrole jusqu’à fin 2020 et de procéder à une réduction additionnelle jusqu’à la fin du deuxième trimestre, a affirmé samedi le ministre algérien de l’Énergie.

Mais « la Russie n’a toujours pas annoncé si elle approuvait les coupes supplémentaires de 600 000 barils par jour », a rappelé Tamas Varga, analyste de PVM.

Le principal allié des pays membres de l’OPEP « étudie attentivement » la recommandation du comité technique « afin de déterminer une approche équilibrée en fonction de l’intérêt du marché dans son ensemble », a déclaré mardi le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak, cité par plusieurs agences du pays.

Les conséquences économiques de l’épidémie de pneumonie virale apparue en Chine restaient par ailleurs incertaines.

Le bilan humain a franchi mardi la barre des 1000 morts en Chine, sur plus de 42 000 cas confirmés de contamination.

Les mesures prises par le gouvernement chinois pour endiguer la propagation du coronavirus pèsent sur la demande intérieure en or noir.

« Le nombre de passagers dans les transports routier, ferroviaire et aérien est en baisse de 60 % à 70 % sur un an », ont par exemple souligné les analystes de Morgan Stanley dans une note.

« Les raffineries chinoises ont déjà réduit leur taux de production d’environ 1,5 million de barils par jour », ont-ils aussi affirmé.

Mais dans le même temps, les économies réalisées par les compagnies aériennes américaines grâce à la chute des cours du brut devraient plus que compenser la baisse du nombre de vols à destination de la Chine, ont calculé les analystes de Moody’s.