« Charles tombe dans la catégorie des leaders modernes pour sa façon de gérer les relations interpersonnelles », dit Grégoire Baillargeon, directeur général et cochef de BMO Marchés des capitaux.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Le responsable des activités de banque d’affaires et de services bancaires aux entreprises québécoises pour la BMO connaît Charles Émond depuis une vingtaine d’années. Ils ont été compétiteurs et collaborateurs dans le même secteur à l’époque où le nouveau patron de la Caisse de dépôt travaillait chez Scotia Capitaux.

« Charles, c’est la combinaison d’une intelligence pure à une intelligence émotionnelle. C’est important aujourd’hui dans les postes de leadership. C’est ce qui rend Charles particulier et qui explique sa trajectoire. Il est très bon avec les gens en plus d’être très fort techniquement en finance, ce qui commande le respect et apporte beaucoup d’impact », dit-il.

Nicolas Marcoux connaît lui aussi Charles Émond depuis 20 ans. « On a l’heure juste avec Charles. Il a un franc-parler. Il est authentique et passionné. Il se donne à fond dans tout », dit le chef de la direction et associé principal de PwC Canada.

« Je le connais comme un homme de famille », ajoute Nicolas Marcoux. « Quand je le vois, il me parle souvent de sa femme et de ses deux enfants », dit-il.

« Son arme secrète est son épouse Renée-Claude, qui a eu une carrière en politique comme attaché de presse dans plusieurs cabinets et qui a aussi travaillé chez Agropur », ajoute la présidente du conseil d’administration de Transcontinental, Isabelle Marcoux (aucun lien de parenté avec Nicolas).

« À un moment, Renée-Claude a laissé sa vie professionnelle. Elle comprend le rythme de vie de Charles et soutient à peu près tout le reste. Une grosse job, ça se gère à deux. Ce mariage heureux va certainement aider Charles dans ses prochaines fonctions qui seront très exigeantes », dit Isabelle Marcoux.

Au cours de ses 18 ans à la Scotia, Charles Émond a exécuté des transactions, financements, fusions et acquisitions qui se chiffrent en milliards de dollars. Il a travaillé étroitement avec de grands chefs d’entreprises pour les appuyer dans la réalisation de leurs objectifs.

Beaucoup d’entrepreneurs québécois ont accordé leur confiance à Charles Émond au fil des ans.

« Il voit bien les choses. Il arrive à bien les articuler pour bien conseiller ses interlocuteurs. Le nombre de relations qu’il a su bâtir au Québec est impressionnant », dit Grégoire Baillargeon.

« Il m’a déjà dit : “je n’ai qu’une seule parole” », raconte Grégoire Baillargeon. « C’est un homme intègre, honnête et fiable. Tu sais à quoi t’en tenir avec lui. Il n’a pas peur des vraies conversations, de mettre les véritables enjeux sur la table et de dire les choses telles qu’elles sont, mais avec les bons mots. »

Charles Émond maîtriserait aussi plutôt bien l’humour. « Il est très humble et rit souvent de lui-même. Il fait toujours sentir les gens à l’aise. Il est attachant et ça fait en sorte qu’il a beaucoup d’influence. Il est très rassembleur du fait qu’il est attachant », raconte Isabelle Marcoux.

L’homme de 47 ans est aussi qualifié de « tenace et résilient ». « Il a notamment travaillé à Toronto où ça joue plus du coude », fait remarquer Isabelle Marcoux.

Conseiller de Rona

Ses années de banquier d’affaires ont assurément apporté leur lot de défis.

Charles Émond était sur le dossier Rona lors de la vente à Lowe’s il y a quatre ans, une transaction de plus de 3 milliards. En tant que conseiller du quincaillier de Boucherville lorsque le projet initial de transaction a avorté en 2012, il a pu vivre la saga de l’intérieur. Il a su maintenir sa relation avec Rona et était toujours conseiller de l’entreprise au moment de la vente aux Américains en 2016.

« Charles a eu un impact matériel dans cette transaction-là. Il était très impliqué », soutient Grégoire Baillargeon. « C’est certainement un point marquant de sa carrière. »

Un rôle capital a aussi été attribué à Charles Émond lors de la vente de Jarislowsky Fraser à la Scotia il y a deux ans, une transaction d’environ un milliard.

« Cette opération est un exemple de sa grande patience, car plusieurs personnes ont courtisé Jarislowsky au fil des ans », lance Eric Desrosiers, associé senior chez Novacap, firme d’investissement installée à Brossard. « Charles a réussi à convaincre Stephen Jarislowsky de faire la transaction avec la Scotia », dit-il.

Le grand patron de Jarislowsky Fraser, Maxime Ménard, affirme avoir toujours considéré Charles Émond comme un leader dévoué. « Il fait preuve d’une très solide éthique de travail et d’une grande intégrité. Il a une capacité exceptionnelle à créer des liens avec les gens. Cela lui permet de gérer avec succès l’aspect humain et d’autres complexités des transactions commerciales, comme l’entente entre la Scotia et Jarislowsky Fraser en 2018. »

« J’ai hâte de voir la marque que son règne va laisser à la Caisse de dépôt. Ça va être intéressant à suivre », conclut Nicolas Marcoux.