L’emploi s’est remis à progresser en décembre, rattrapant une partie des pertes considérables enregistrées en novembre qui avaient fait craindre le pire pour la suite du cycle économique.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le bilan de Statistique Canada indique que le marché du travail a rebondi en décembre dans toutes les provinces, à l’exception de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

Pour l’ensemble de l’année 2019, le portrait du marché du travail est positif, selon les chiffres préliminaires.

On se souviendra de 2019 comme d’une année faste pour le marché du travail.

Matthieu Arsenault, chef économiste adjoint de la Banque Nationale

Au Canada, 320 000 emplois ont été créés en 2019, performance classée deuxième depuis les 10 dernières années. Le taux de chômage est passé de 5,9 à 5,6 %.

La performance meilleure que prévu du marché du travail canadien en décembre devrait rassurer la Banque du Canada et la conforter dans sa décision de laisser les taux d’intérêt à leur niveau actuel.

Toutefois, certains économistes voient quelques drapeaux rouges à l’horizon. « Nous nous attendons à un ralentissement de la croissance de l’emploi et à un taux de chômage qui se dirigera vers le 6 %, ce qui pourrait pousser la Banque du Canada à répliquer par une baisse de taux en avril », a avancé Andrew Grantham, économiste principal à la CIBC.

Gains au Québec

L’économie québécoise a créé 21 000 emplois en décembre, ce qui a compensé en partie les 45 100 emplois perdus en novembre. La plupart de ces emplois sont à temps plein. Le taux de chômage a légèrement baissé, passant de 5,6 % à 5,3 % le mois dernier.

Au cours de l’année 2019, le taux de chômage du Québec est tombé au plus bas niveau de tous les temps, à 4,7 % en août, souligne Statistique Canada.

Le Québec et l’Ontario ont fini l’année avec un taux de chômage identique de 5,3 %.

L’Ontario a toutefois connu une meilleure année que le Québec pour ce qui est de la création d’emplois.

Le rythme de croissance de l’emploi a nettement ralenti en fin d’année, tant au Québec qu’en Ontario, constate Joëlle Noreau, économiste principale de Desjardins. La rareté de la main-d’œuvre explique en partie ce ralentissement, qui se poursuivra en 2020, selon elle. « La rareté de la main-d’œuvre, qui rend déjà ardu le remplacement des départs à la retraite, sera encore bien présente. Pourvoir de nouveaux emplois demeurera complexe, ce qui ralentira les embauches. »

Record à Québec

L’effet de la rareté de la main-d’œuvre sur la création d’emplois est déjà manifeste dans la région de Québec, où le taux de chômage était le plus au Canada à la fin de décembre, à 3,1 %.

L’emploi a progressé de 1,5 % dans la région de Québec en 2019, soit moins que dans l’ensemble du Québec (+ 1,8 %) et du Canada (+ 2,1 %).

« La rareté de la main-d’œuvre semble avoir modéré l’expansion du marché du travail de la région en 2019 », souligne l’économiste de Québec International, Émile Émond.