(West Palm Beach) Les allocations de chômage pour des millions d’Américains qui luttent pour joindre les deux bouts ont expiré samedi à minuit, le président Donald Trump ayant refusé de signer un projet de loi de secours d’urgence du Congrès.

Alexandra Olson And Jill Colvin
The Associated Press

Le sort du plan de secours bipartisan est resté dans les limbes dimanche alors que Donald Trump continue d’exiger que les chèques de secours envoyés aux Américains soient beaucoup plus élevés. Sans le financement généralisé fourni par cette mesure massive, un arrêt du gouvernement se produira lorsque le financement s’épuisera à 0 h 01 mardi.

Le refus du président de signer l’accord, qui est attaché à un projet de loi de financement gouvernemental de 1400 milliards de dollars, force la suspension des activités de l'administration fédérale, en plus de retarder le versement de l’aide d’urgence aux citoyens et de mettre fin aux allocations de chômage et aux protections contre les expulsions pendant la pandémie.

« C’est une partie d’échecs et nous sommes des pions », a déploré Lanetris Haines, une mère célibataire de trois enfants à South Bend, en Indiana, qui risque de perdre ses 129 $ d’allocation chômage hebdomadaire à moins que Trump accepte d’entériner le projet de loi.

Washington est encore sous le choc de la dernière estocade de dernière minute du président Trump contre l’entente que les élus républicains et démocrates du Congrès ont négociée pendant des mois. La Maison-Blanche avait pourtant assuré les républicains de l’appui présidentiel.

M. Trump réclame que les chèques soient de 2000 $ et non de 600 $ comme prévu dans le projet de loi. Les représentants républicains ont rapidement rejeté cette idée lors d’une rare session de la veille de Noël, mais le président défait n’y a pas renoncé.

« Je veux simplement que nos gens formidables reçoivent 2000 $, plutôt que les maigres 600 dollars », a-t-il écrit sur Twitter, samedi. Il a aussi demandé une réduction des autres dépenses contenues dans le projet de loi.

Le président désigné Joe Biden a exhorté M. Trump à signer immédiatement le projet de loi, car les deux programmes fédéraux d’aide aux chômeurs devaient expirer samedi.

« Nous sommes le lendemain de Noël, et des millions de familles ne savent pas si elles pourront joindre les deux bouts en raison du refus du président Donald Trump de signer un projet de loi de secours économique approuvé par le Congrès par une majorité écrasante et bipartisane », a déclaré M. Biden. Il a reproché à son adversaire de la dernière élection d’avoir abdiqué ses responsabilités, ce qui aura des « conséquences dévastatrices ».

« J’ai parlé à des gens qui ont peur d’être expulsés de chez eux pendant les vacances de Noël. Cela pourrait se concrétiser si ce nous ne signons pas ce projet de loi », a déclaré la représentante Debbie Dingell, une démocrate du Michigan.

Lauren Bauer, une boursière en études économiques à la Brookings Institution, a calculé que 11 millions de personnes perdraient immédiatement l’aide des programmes sans pouvoir compter sur une aide supplémentaire. Des millions autres perdront leurs allocations au cours des prochaines semaines.

Andrew Stettner, un chercheur du groupe de réflexion Century Foundation, croit que ce nombre pourrait s’approcher des 14 millions, car le chômage a grimpé depuis l’Action de grâces.

Si dans certains États, un certain nombre de personnes peuvent bénéficier d’une aide régulière dans le cadre de programmes prolongeant les allocations lorsque le taux de chômage dépasse un certain seuil, rappelle M. Stettner.

Toutefois, environ 9,5 millions de personnes dépendent du programme d’assistance au chômage en cas de pandémie qui a expiré samedi. Ce programme a permis à des pigistes, des petits travailleurs et d’autres personnes qui ne sont normalement pas admissibles de toucher des allocations de chômage. Après avoir reçu leurs derniers chèques, ces bénéficiaires ne pourront plus demander de l’aide à partir de lundi, souligne M. Stettner.

Trump toujours frustré

Pendant que des millions d’Américains voient leur avenir s’assombrir encore plus, Donald Trump, lui, joue au golf et continue d’exprimer ses frustrations de mauvais perdant sur Twitter.

Samedi, il a de nouveau critiqué les membres de son propre parti qui ne se sont pas joints à sa quête de faire annuler les résultats de l’élection présidentielle.

« Si un candidat démocrate à la présidence avait perdu à la suite d’une élection truquée en ayant la preuve de tels actes à un niveau jamais vu auparavant, les sénateurs démocrates considéreraient cela comme un acte de guerre et se battraient jusqu’à la mort, a-t-il déclaré. Le leader [de la majorité républicaine au Sénat] Mitch McConnell et ses républicains veulent laisser passer cela SANS SE BATTRE. »

Trump a également critiqué la Cour suprême, le département de la Justice et le FBI. Il a semblé encourager ses partisans à se rassembler à Washington, le 6 janvier, le jour où le Congrès entérinera le vote du collège électoral.