(Washington) Les parlementaires américains ont approuvé lundi un plan de soutien aux ménages et entreprises affectés par la pandémie de COVID-19, d’un montant de quelque 900 milliards de dollars, jugé incontournable pour remettre sur les rails la première économie du monde.

Delphine TOUITOU
Agence France-Presse

Après son approbation par la Chambre des représentants puis par le Sénat, le plan peut maintenant être soumis au président Donald Trump pour signature.

« C’est un programme d’urgence et de survie », a estimé lundi avant le vote le chef de la minorité démocrate du Sénat Chuck Schumer. L’aide est incomplète et l’administration Biden devra « combler les trous » en janvier, a-t-il ajouté.

Pour autant, « nous ne devrions pas sous-estimer l’importance de ce paquet » de mesures, a-t-il relevé, « le deuxième plus important de l’histoire » des États-Unis.

Après des mois de blocage, démocrates et républicains avaient annoncé dimanche être parvenus à un accord de principe sur un paquet de mesures comprenant notamment des chèques aux familles les plus fragilisées, des aides aux petites entreprises et aux écoles, des allocations chômage supplémentaires de 300 dollars par semaine ou encore une enveloppe pour la distribution équitable de vaccins contre la COVID-19.

Les parlementaires américains devaient impérativement finaliser cet accord et l’approuver ce lundi alors que le spectre d’une fermeture du gouvernement (« shutdown ») n’est pas exclu.

En effet, le Congrès a décidé de prolonger de 24 heures, jusqu’à lundi minuit, la loi de court terme permettant le financement des administrations fédérales. Les parlementaires doivent donc aussi trouver un consensus sur la nouvelle loi de finances.

Chèques dès la semaine prochaine

Avant même le vote des mesures d’aide d’urgence à l’économie, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a assuré que les chèques de 600 dollars par adulte et par enfant pour aider les familles en difficulté seraient envoyés dès le début de la semaine prochaine.

Il s’est aussi félicité de cette aide qui est débloquée « juste à temps pour les fêtes » de fin d’année.

« C’est une façon très très rapide d’injecter de l’argent dans l’économie », a en outre commenté le ministre de Donald Trump.

Les aides directes ont en effet pour objectif de soutenir la consommation des ménages et donc la croissance. Pour les foyers les plus en difficulté, elles permettent de payer les loyers.

« Nous pouvons terminer l’année sur une rare note optimiste », a souligné Chuck Schumer alors que la pandémie continue de faire rage dans le pays et que le nombre de chômeurs a recommencé à augmenter.  

La première économie du monde est tombée dans une profonde récession au printemps, la pire depuis celle des années 30, en raison de l’arrêt de l’activité pour endiguer le nouveau coronavirus qui a provoqué un chômage massif.

La pandémie est repartie de plus belle à l’automne, mettant un coup d’arrêt aux créations d’emplois et à l’activité de l’été.

« C’est un premier pas, et nous devrons faire plus », a réagi lundi Nancy Pelosi, la responsable démocrate de la Chambre des représentants, relevant notamment la nécessité de plus d’aide pour acheter des vaccins.

Pour autant, ce plan, qui comprend aussi une aide au logement, évitera à des millions de personnes qui vont perdre leurs aides le lendemain de Noël de sombrer dans la pauvreté.

Le premier plan, d’un montant gigantesque de 2200 milliards de dollars, avait été voté en urgence fin mars, lors de la première vague de la pandémie.

Il comprenait des allocations chômage exceptionnelles de 600 dollars par semaine et l’envoi de chèques de 1200 dollars par adulte.

Depuis l’été, démocrates et républicains étaient dans l’impasse, s’opposant sur le montant global du nouveau plan d’urgence : les premiers exigeaient un plan équivalent à celui du printemps quand les seconds voulaient le limiter à 1000 milliards de dollars maximum.

Le nouveau paquet d’aides cible aussi les petites entreprises qui risquent de faire faillite.

Il devrait aussi inclure des aides de quelque 16 milliards de dollars pour sauver des dizaines de milliers d’emplois dans les compagnies aériennes et leurs sous-traitants.

« Il y a eu un large soutien des deux partis pour accorder une aide aux compagnies », a commenté Steven Mnuchin lundi, soulignant l’importance de cette industrie pour la reprise économique.