Les ventes des détaillants ont avancé de 0,4 % en octobre pour se chiffrer à 54,6 milliards, enregistrant une sixième hausse mensuelle consécutive depuis le déclin record d’avril, au début de la pandémie de COVID-19, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Anita Balakrishnan
La Presse Canadienne

Selon l’agence fédérale, cette progression était surtout attribuable aux ventes des concessionnaires d’automobiles et de leurs pièces, alors que les ventes de camions et d’autobus ont avancé de 4,1 % par rapport à la même période l’an dernier.

Cependant, Statistique Canada a aussi souligné que les ventes de voitures particulières neuves avaient fléchi de 23,2 % par rapport à l’an dernier, et que celles des stations-service avaient diminué de 2,7 % — leur premier déclin en six mois.

Les ventes au détail de base, qui excluent les stations-service et les pièces de véhicules automobiles, ont avancé de 0,3 % en octobre, soutenues par un gain de près de 12 % des ventes d’articles de sport, d’articles de passe-temps, d’articles de musique et de livres.

Les ventes de meubles ont aussi avancé de 6,6 % en octobre, tandis que celles de matériaux de construction de matériel et fournitures de jardinage ont pris 2,9 % au cours du mois.

Les ventes du commerce électronique ont augmenté de plus des deux tiers en octobre par rapport à la même période l’an dernier, et elles représentent maintenant plus de 5 % de l’ensemble du commerce de détail.

Mais Statistique Canada a aussi observé que les ventes au détail avaient diminué en Ontario pour la première fois depuis avril, alors que survenaient des hausses records du nombre de contamination à la COVID-19 et que les restrictions de la santé publique se resserraient. Les ventes ont également chuté de 4,3 % au Nouveau-Brunswick, où les magasins de marchandises diverses ont diminué.

« La publication d’aujourd’hui a surpris à la hausse, avec une croissance positive en octobre ainsi qu’une révision à la hausse d’une performance déjà forte en septembre », a observé Ksenia Bushmeneva, économiste du service d’études économiques de la Banque TD.

« Cela étant dit, c’était probablement la dernière bonne nouvelle avant un bon moment. Les cas de COVID-19 restant élevés ou en augmentation dans une grande partie du pays et les restrictions s’intensifiant, les choses vont probablement empirer avant de s’améliorer. »

Les ventes ont grimpé dans sept provinces au total, et Statistique Canada a noté une hausse de 2,1 % en Colombie-Britannique, où les ventes des magasins de produits de santé et de soins personnels ont augmenté en octobre.

« Tout comme dans d’autres secteurs de l’économie, la pandémie crée des gagnants et des perdants en remodelant le paysage de la vente au détail. Les dépenses pour les services étant hors de portée, les consommateurs ont dépensé davantage pour des biens cette année », a écrit Mme Bushmeneva dans une note à ses clients.

L’agence s’attend à ce que les ventes au détail à l’échelle du pays soient relativement stables en novembre, à l’approche de la saison du magasinage des Fêtes, même si elle a précisé qu’il ne s’agissait que d’une estimation préliminaire et que celle-ci serait révisée.

Priscilla Thiagamoorthy, économiste chez BMO Marchés des capitaux, a écrit qu’étant donné la baisse de 1,1 % des ventes au détail aux États-Unis en novembre, « une lecture inchangée est une victoire majeure pour l’économie canadienne ».

« Une augmentation du nombre de contaminations au virus et de plus strictes restrictions dans de nombreuses provinces ont obligé les magasins à fermer leurs portes avant la très importante saison de magasinage des Fêtes », a écrit Mme Thiagamoorthy dans une note à ses clients.

« Étant donné que les détaillants proposaient des rabais hâtifs et dynamiques, il est possible qu’une partie de la vigueur relative des ventes ait été « empruntée » aux résultats de décembre. »