La pandémie n’aura à peu près pas ralenti la capacité de Montréal d’attirer des investissements étrangers. Montréal International, qui a été désignée mercredi meilleure agence du genre au monde pour la deuxième fois en deux mois, prévoit d'arrêter son compteur entre 2,2 et 2,4 milliards de dollars pour 2020.

Jean-François Codère
Jean-François Codère La Presse

Après l’International Economic Development Council (IEDC) en octobre dernier, c’est FDI Intelligence, une division du prestigieux Financial Times, qui a décerné mercredi à Montréal International le titre d’agence de promotion de l’investissement de l’année.

« Un prix comme celui-là, c’est un étalon important pour nous, explique le PDG de Montréal International, Stéphane Paquet. Il n’existe pas de concurrent auquel je peux me mesurer directement en parts de marché, par exemple. »

Ce type de reconnaissance, accordé après l’analyse du dossier de 55 agences, est donc ce qui valide la qualité du travail.

J’en ai deux en deux mois qui arrivent à la même conclusion, c’est comme si on avait gagné les championnats du monde et les Jeux olympiques coup sur coup.

Stéphane Paquet, PDG de Montréal International

L’année 2019 avait constitué un record pour Montréal International, avec 2,64 milliards d’investissements étrangers attirés. L’année 2020 devrait se terminer avec une récolte de 2,2 à 2,4 milliards.

« Il n’y a pas si longtemps, une année normale chez Montréal International, c’était de 30 à 50 projets, précise M. Paquet. L’an passé, on en a eu 89 et cette année, on devrait en avoir plus. »

Rebond estival

Plus encourageant encore, l’organisme assure ne pas avoir vidé son pipeline de projets, qui s’échelonnent sur 15 à 18 mois en moyenne. M. Paquet estime que 2021 s’amorcera dans des conditions similaires à 2020, sinon meilleures.

« En avril ou mai, j’étais plutôt inquiet, admet M. Paquet. Mais dès juin ou juillet, le monde s’était adapté. Les gens oublient que Montréal était sur une lancée avant la pandémie, nous étions la ville dont la croissance était la plus forte. Et la pandémie a frappé tout le monde. Si ça avait été seulement nous, ça aurait été un gros problème, mais c’était partout. Après quelques mois, les entreprises ont recommencé à investir et Montréal était toujours là. »

La stratégie de l’organisme est de miser particulièrement sur les secteurs où elle estime disposer d’une masse critique, dont l’intelligence artificielle, les jeux vidéo, l’aéronautique, les sciences de la vie, les centres de données et l’agroalimentaire.

« Une usine de caoutchouc, c’est bien, s’ils m’appellent on va les accompagner, mais on ne mettra pas nos efforts là-dessus », résume M. Paquet.

N’y a-t-il pas un risque que ces efforts fassent surchauffer ces secteurs généralement perçus comme étant en pénurie de main-d’œuvre ? Des entrepreneurs l’ont déjà reproché à l’organisme, notamment dans le secteur des technologies.

« Dans ce secteur, les salaires croissent, mais pas tant qu’ailleurs en Amérique du Nord, note M. Paquet. S’il y avait vraiment une pénurie, on verrait les salaires faire des bonds de 10 000 $ ou 20 000 $. Je ne dis pas que ça n’arrive pas de façon anecdotique, mais globalement, ce n’est pas ce qu’on voit. Globalement, la hausse des salaires n’est pas aussi impressionnante qu’ailleurs. »