(Ottawa) L’inflation annuelle s’est établie à 1,0 % en novembre, sous l’effet d’une hausse des prix des habitations, des loyers et des biens pour la maison.

La Presse Canadienne

Cette hausse de l’indice des prix à la consommation se comparait à une croissance annuelle de 0,7 % en octobre et de 0,5 % en septembre, a précisé mercredi Statistique Canada.

Les économistes s’attendaient à une augmentation de 0,8 % d’une année à l’autre pour novembre, selon les prévisions recueillies par la société de données financières Refinitiv.

Les prix du logement ont augmenté de 1,9 %, ce qui a le plus contribué à l’augmentation globale. Les prix des loyers ont augmenté de 1,5 % en novembre par rapport à un an plus tôt, une augmentation par rapport à la hausse de 1,0 % enregistrée en octobre.

Les prix des meubles ont augmenté de 2,8 % et ceux des appareils ménagers, de 2,9 %, restant ainsi au-dessus de leurs niveaux d’avant la pandémie.

Statistique Canada a souligné que l’accent mis sur les dépenses pour des biens liés à la maison était probablement dû à la pandémie elle-même : les règles de distanciation physique et le télétravail « pourraient être à l’origine de l’augmentation de l’achat d’articles coûteux pour la maison ».

L’augmentation est également le fruit de la collision entre plusieurs facteurs, incluant la demande accumulée, la surabondance d’épargne, la faiblesse historique des taux d’intérêt et la préférence des acheteurs pour les maisons unifamiliales plutôt que les copropriétés.

À cela il faut ajouter la hausse des coûts de matériaux de construction et la faiblesse de l’inventaire des logements à vendre, ce qui a contribué à la hausse des prix des logements neufs, selon Statistique Canada.

Les taux hypothécaires ont diminué sous l’influence du taux directeur de la Banque du Canada — actuellement à 0,25 %, ce qui constitue sa valeur plancher, selon la banque centrale.

La Banque du Canada a annoncé que le taux resterait à ce niveau jusqu’à ce que l’inflation revienne à 2,0 %, tout en précisant qu’elle ne s’attendait pas à ce que cela se produise avant 2023.

« Je ne doute pas que ce soit un facteur qui soutient le marché du logement », a affirmé mardi le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, en réponse à la question d’un journaliste sur le marché du logement.

« Franchement, cela fait partie du fonctionnement de la politique monétaire. Cela fait partie de la façon dont elle stimule le système en encourageant les dépenses, en particulier pour des articles qui sont souvent achetés à crédit. »

En novembre, la moyenne des trois mesures canadiennes de l’inflation sous-jacente, qui sont considérées comme de meilleurs indicateurs des pressions sous-jacentes sur les prix et sont étroitement surveillées par la Banque du Canada, était d’environ 1,7 %.

Les prix de l’essence ont chuté de 11,9 % d’une année à l’autre en novembre, la pandémie continuant de peser sur la demande.

Selon Statistique Canada, en excluant les prix de l’essence, l’indice des prix à la consommation de novembre était en hausse de 1,3 % par rapport à l’an dernier.

La hausse des prix de l’essence prévue l’an prochain poussera probablement l’inflation d’ensemble au-dessus de l’objectif de 2,0 % de la banque centrale l’an prochain, mais le dépassement pourrait être temporaire, selon l’économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC.

M. Mendes a écrit dans une note que la Banque du Canada examinerait probablement la situation et laisserait son taux directeur inchangé jusqu’à ce que les capacités inutilisées dans l’économie se soient résorbées.