(Washington) Les États-Unis ont lancé mercredi une procédure contre le Canada pour ses quotas laitiers, une première depuis la mise en œuvre cet été du nouveau traité de libre-échange entre Washington, Ottawa et Mexico.

Agence France-Presse

Les autorités américaines déplorent des « mesures adoptées par le gouvernement du Canada qui sont contraires aux dispositions de l’accord et nuisent aux producteurs laitiers américains », selon un communiqué des services du représentant au commerce (USTR).

Les États-Unis reprochent aux Canadiens de réserver une partie du lait de leurs éleveurs aux laiteries canadiennes, qui le transforment, minorant ainsi automatiquement la quantité de lait qui leur est vendue par les États-Unis.

« Les mesures prises par le Canada violent ses engagements et nuisent aux producteurs laitiers américains. Nous sommes déçus que les politiques du Canada aient conduit à cette toute première mesure d’application » du traité commercial, a regretté le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer.

Dans un premier temps, une consultation sera menée pour tenter de régler le conflit. Si elle n’aboutit pas, un jury spécial sera alors réclamé par Washington, selon les termes de l’accord commercial, baptisé USMCA (ACEUM au Canada).

Ottawa a démenti toute entorse au nouvel accord, se disant « convaincu » que sa gestion des quotas laitiers « est en pleine conformité avec (ses) engagements au titre de l’ACEUM ».

« Notre gouvernement respectera toujours nos accords internationaux », a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans une déclaration transmise à l’AFP. « Comme tous les aspects de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis, le Canada prend ses obligations très au sérieux ».  

Le nouvel accord remplace depuis le 1er juillet l’ALENA, un accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada qui remontait à 1994 (Nafta en anglais).

La renégociation de ce traité s’était faite au détriment des relations entre Canada et États-Unis, des alliés historiques.

Pour faire pression et accélérer les négociations, Donald Trump avait annoncé des tarifs douaniers sur l’aluminium canadien en juin 2018.

Les deux pays avaient enterré la hache de guerre quelques mois plus tard, en septembre, lorsque Washington avait joué la carte de l’apaisement en annonçant le retrait des droits de douane. La décision avait été saluée par Ottawa, qui avait aussitôt renoncé à imposer des mesures de représailles.