(Pékin) L’excédent commercial de la Chine a battu tous ses records en novembre, avec des exportations portées notamment par la forte demande en produits médicaux, au moment où une grande partie du monde reste pénalisée pour cause d’épidémie.

Sébastien RICCI
Agence France-Presse

Premier pays touché par le nouveau coronavirus mais aussi premier à s’en sortir, la Chine apparaît comme un baromètre de la reprise espérée de l’économie mondiale.

En novembre, les exportations du géant asiatique ont bondi de 21,1 % sur un an, selon des chiffres publiés lundi par les Douanes.  

Il s’agit de la plus forte hausse en pourcentage des exportations chinoises depuis le début de 2018.

Ce résultat est largement supérieur au chiffre d’octobre (+11,4 %) ainsi qu’aux attentes des analystes interrogés par l’agence financière Bloomberg (+11,8 %).

Quant à la balance commerciale, elle a connu le mois dernier un excédent record de 75,42 milliards de dollars. Il s’agit de sa meilleure performance depuis le début des statistiques… il y a près de 40 ans.

Après un plongeon en début d’année pour cause d’épidémie, les ventes de la Chine au reste du monde s’étaient affichées en territoire négatif durant cinq mois consécutifs avant de repartir fortement à la hausse, notamment avec la flambée des ventes de produits pour combattre la COVID-19.

Sur la période janvier-novembre, la Chine a ainsi vu ses exportations de produits textiles, catégorie qui comprend les masques, bondir de 33 % sur un an, d’après les Douanes. Les équipements médicaux sont quant à eux en hausse de 42,5 %.

Mais la mise sur le marché des premiers vaccins contre la COVID-19 devrait à terme « réduire ces besoins », prévient l’analyste Louis Kuijs, du cabinet Oxford Economics.

L’approche des fêtes de fin d’année a également porté les exportations chinoises.  

Avec Noël, les exportations de produits électroniques grand public (+24,8 % sur un an) ont concerné essentiellement les États-Unis et l’Union européenne, remarque à l’AFP l’analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

Le télétravail dans les pays frappés par l’épidémie explique également la forte demande de biens électroniques.

L’excédent s’accroît avec Washington

De leur côté, les importations de la Chine ont augmenté de 4,5 % sur un an en novembre. Il s’agit d’un rythme inférieur à celui d’octobre (+4,7 %) et bien moindre que les attentes des analystes (+7,5 %).  

Si l’activité en Chine s’est largement remise de la pandémie, la reprise reste « relativement modérée » ce qui pénalise les importations, estime M. Biswas. De nombreux secteurs restent à la traîne comme le tourisme, la restauration et les transports.

Quant à l’excédent commercial du géant asiatique avec les États-Unis, qui constitue une pomme de discorde avec le président sortant Donald Trump, il s’est lui aussi accru en novembre à 37,4 milliards de dollars, son plus haut niveau depuis le début de l’année, contre 30,75 milliards un mois plus tôt.

Depuis son arrivée il y a quatre ans à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la réduction du déficit commercial avec l’Empire du Milieu l’une de ses priorités.  

Son administration s’est lancée en 2018 dans une guerre commerciale avec Pékin qui s’est traduite par des droits de douane supplémentaires réciproques portant sur de nombreuses marchandises.  

Les deux pays ont toutefois signé une trêve en janvier, juste avant que le monde ne soit paralysé par l’épidémie de COVID-19.

Au terme de cet accord, la Chine a accepté d’acheter pour 200 milliards de dollars de biens américains supplémentaires sur deux ans.

La Chine devrait être l’un des rares grands pays à annoncer une croissance positive en 2020. La deuxième économie mondiale a enregistré une croissance de 4,9 % sur un an au troisième trimestre.